23h59

Il tua avant de mourir

Un geste franc destiné à s’éteindre

Un couteau dans l’intérêt d’en finir

Une seconde sans rien craindre

Il assassina pour la gloire

Le fit pour le combat

Le fit pour son histoire

Le fit pour son constat

Il avait décidé de tuer plutôt que de se voir mourir… mourir d’envie, s’évanouir d’une vie qu’il ne put avoir, décéder d’un amour qu’il avait eu mais qu’il ne verrait plus, disparaître d’une mort prompte et désastreuse. 

Il se tua, car voir la mort venir lentement lui était insoutenable. Prendre la décision de ne pas agoniser mais de décapiter son avenir n’était pas une résolution simple, pourtant il le fit avec joie et soulagement. 

Tuer plutôt que de mourir, c’était devenir une destinée plutôt qu’un avenir. Achever son corps avant de faner, effacer sa vie prématurément avant de se fatiguer, voilà quelles étaient ses dernières volontés. 

Quoi de plus beau que de regarder un homme avec une telle ténacité, quoi de plus émouvant que de constater la misère d’une destinée. Le courage a cela de gracieux qu’il peut mener à une mort cérébrale et physique en une seconde fatale, mais cela est fait avec délice et un sans-gêne radieux. Le courage est aussi mortel qu’immortel, mortel quand l’homme prend la mauvaise décision, immortel dans sa fonction. Il y aura toujours des faibles et des courageux, la limite se fixant à celle que l’on se donne. 

Il se tua et mourut, mais tuer c’est prendre une décision, tandis que mourir c’est attendre une collision avec l’indécision du hasard de sa vocation. Ereinté par la vision des éventualités hasardeuses, monsieur appuya sur le bouton de la malice chapardeuse.

12H13

Elle m’avait empoigné d’une attente sans aspiration inspirante, j’étais le saisi saisissant et elle me faisait enlever dans un arrachement que l’on ne pouvait ôter à ceux qui me regardaient. Je l’aimais, mais je n’étais pas sûr qu’elle le comprenait, elle et son regard expectatif, elle confisquait mes mots quand son regard dur et amoureux se posait sur mon visage d’enfant mal aimé. 

Promis, juré, craché, je ne pouvais pas intercepter ces prélèvements de douceur, promis, juré, craché, j’étais à ramasser à la pelle quand elle me parlait, promis, juré, craché, je voulais qu’elle me conquière pour que mes douleurs passées me soient enlevées avec désir espoir et croyance. 

Elle m’avait empoigné d’une attente sans aspiration inspirante, c’était un mouvement songe, une douleur accostée d’un onirisme sans espoir. Je l’aimais, trop et elle pas assez. 

Une ambition fictive qui attaque la punitive vérité d’une cendrillon amputée des deux pieds sans exhibition.  

11H04

Tu m’avais promis…. Promis et encore promis ! Tu me l’avais dit et encore re-dit, toujours des promesses, toujours des paroles toujours des dires. J’y ai cru à tes affirmations, à ta parole et à ces faits, mais ta langue n’était qu’un discours dans l’énoncé, mais avec un propos qui m’était dans une relation sans engagement. Ton vocable m’était une obligation de serments que je n’écoutais qu’avec des déclarations de propos à peu près compréhensibles tant les allégations étaient des bruits courts que je ne pouvais entendre. 

Tu m’avais promis…. Promis et encore promis ! Tu me l’avais dit et encore re-dit, toujours des promesses, toujours des paroles toujours des dires. Mais les mots si emplis d’émotions me font à présent rire d’un racisme que je te voue à cause d’une aversion que tu ne noues. Je suis seul d’un désir répugnant, mais qui avec une empathie antipathique te rendra néant quand mon cœur cessera de battre pour toi tout en sachant que tu le tenais et le tiendras jusqu’au bout des temps dans le creux de tes doigts. 

Tu m’avais promis…. Promis et encore promis ! Tu me l’avais dit et encore re-dit, toujours des promesses, toujours des paroles toujours des dires. Mais aujourd’hui je ris, à gorge déployée de rire, je ris d’une vie que je ne vis, je ris d’un ami que je vis dans la virulence, je ris d’un souci qui fit et re-fit mon accompagnement dans une vie qui ne peut me faire vivre tant elle me rit au nez d’un mépris qui ne m’a jamais fait rire. 

Tu m’avais promis…. Promis et encore promis ! Tu me l’avais dit et encore re-dit, toujours des promesses, toujours des paroles toujours des dires. mais pour une fois avec une larme, des pleurs qui laissent un sanglot gémissant pour que ce texte me soit une lamentation de plainte que je ne pourrais te faire tant tu as ri en tombant dans le ravin de tes espoirs. Tu m’avais promis…. Promis et encore promis ! Tu me l’avais dit et encore re-dit, toujours des promesses, toujours des paroles toujours des dires. Mais la pleurnicherie de ma vie n’aura que permis une rigolade pour une mort de rire. 

01H46

C’était ton sale secret.

Mon amour, tu étais mon état, mon clandestin, celui qui était souverain de mes idées qui ne t’étaient pas vaines, dans un état que je savais incertain. J’ai voulu la mort, la vie, tu étais mon intime, ma confidence, celle que je faisais officiellement aux officieux qui pouvaient et savaient m’entendre, quand les larmes se faisaient bruyantes dans ces moments silencieux. J’ai scellé notre histoire, tu sais ? Elle est maintenant codée et chiffrée dans un coin de mon âme que je ne pourrai à jamais observer. Mon amour, tout ceci n’est qu’une somme de faits, de paroles, des actes que nous, nous savons hermétiquement mystérieux, dans un flot hystériquement ésotérique et malheureux.

C’était ton sale secret, tu étais occulte, ténébreux et caché, mais ton sale secret je l’ai découvert à mon grand regret. Mon amour, tu étais mon état, mon clandestin et je te promets que n’aurais aimé découvrir ce lieu, qui a à jamais anéanti l’image que je te dérobais, quand tu me regardais avec ce regard que je reconnaissais à peine tant il était furtif et dissimulé. Tu étais mon intime, ma confidence, celle que je faisais officiellement aux officieux introuvables qui me rendaient invisible. Tu étais, mais tu n’es plus, car ton cœur et ton corps me sont devenus introuvables, tu les as offerts avec cachotterie et indiscrétion à un autre que moi. Certainement qu’il était plus énigmatique, moins ignoré et moins impénétrable.

Mon amour, tout ceci n’est qu’une somme de faits, de paroles, des actes, tout ceci m’est incompréhensible tant je t’étais réservé mon sibyllin, mais c’était ton sale secret codé et chiffré dans un coin de ton âme que je ne pourrai à jamais observer.

Tu étais mon intime, ma confidence, je suis ton passé et tu es ton évidence. Tout ceci n’est qu’une somme de faits, de paroles, des actes.

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07H23

Tout ça… c’est de l’irréel, c’est une chose que l’on ne gère pas, que l’on ne comprend, pas, c’est comme ça, ça nous tombe dessus, un coup de massue et nous voilà dans le monde des géants, on aime, on a envie de le crier sur la terre entière, on veut que ça se sache, mais tout ceci doit rester secret !

On est beau, on aime et la planète n’y peut rien.

Tout ça c’est la vie, il est là le fondement d’une destinée, il faut vivre avec ce que l’on est.

C’est écrit dans notre histoire, celle que nous écrivons nuit après nuit, jour après jour, vie après vie, nous nous efforcerons chaque heure que nous vivons, chaque seconde que nous existons de faire quelque chose d’exceptionnel de ce temps présent, parce que l’ennui d’une vie mal vécue est bel et bien la pire chose qui puisse nous arriver mon bien aimé !

Alors, je t’aime comme au premier jour, je t’aimerai jusqu’au dernier jour…. Et je t’aimais bien avant de te rencontrer !

Je te promets que quand toi et moi rentrons dans cet appartement… Notre monde fantastique, celui que nous avons créé, continuera de vivre par la force de nos envies…

car d’une je t’en offrirai plus d’une envie.

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16H13

Je suis en train d’écouter Frank SINATRA  « The way you look tonight » …
Avez-vous déjà confondu le rêve et la réalité ?
Ou volé quelque chose en ayant l’argent pour l’acheter ?
Peut-être que j’étais fou… Ou peut-être que j’étais juste un garçon interrompu.
La folie ce n’est pas être cassé, ou enfouir au plus profond de soi de noirs secrets.
C’est vous, ou moi, amplifié.

Si vous avez déjà fait un mensonge avec délectation, si vous avez déjà souhaité rester un enfant à jamais…

Je suis fou, oui complètement fou, j’aime l’hiver et l’automne, je suis un fan des chansons déprimantes qui donnent envie de pleurer et de se donner deux ou trois coups de lame de rasoir sur des veines à peine dessinées, je pense tous les jours que l’espace n’est pas infini, je suis sûr et certain que nous sommes tous des manipulés de la vie, des marionnettes, mais ce qui me rend plus fou que tous les autres gens, c’est que je pense penser comme personne d’autre, je veux tout faire pour ne pas ressembler à vous, à eux ou à lui, je ne suis pas tout le monde, vous n’êtes pas personne, on est tous quelqu’un, vous devez vous dire que l’intro n’a aucun rapport avec la suite de mon texte, mais enfoncez vos yeux entre les mots et regardez bien ce que j’ai écrit, je signale que nous faisons tous les mêmes choses, mais probablement à un degré différent.

Je suis fou, oui je suis bel et bien fou, je raconte des choses qui n’ont ni queue ni tête, et d’ailleurs je n’ai plus de tête, non je ne pense plus, j’agis, je ne veux plus, j’espère, je ne crois plus, je me persuade, je ne suis plus, je copie, je ne souris plus, je fais semblant, ma vie est malsaine, elle est trop forte en émotions, il y a trop de sensations d’incompréhension, trop de souffrances et pas assez d’enfance, le pire est que je le vis bien, j’aurais pu devenir psychopathe ou névrosé, mais il n’en est pas tant, non car je suis quelqu’un qui repars de rien, je suis la génération chien, mais il y a encore ce regard qui me trahit, alors je change et rechange tout, je ne dors plus par terre, non je dors sur du mou, alors que le solide m’allait très bien, mais l’homme ne comprend pas, alors je me terre et m’enterre, je ne mangeais qu’une fois par jour par manque d’envie, maintenant je me gave pour m’éviter les souvenirs, mais on ne me voit pas vomir cette honte, je m’efforce de faire des efforts, ce ne sont pas des efforts dignes des plus grandes considérations, non juste des choses qui sont à mon niveau, je tends à devenir ce que je dois être, devenir ou souffrir.

Je suis fous, oui je suis bel et bien fous, je raconte des choses qui n’ont ni queue ni tête, et d’ailleurs je n’est plus de tête, non je ne pense plus, j’agis, je ne veut plus, j’espère, je ne croit plus, je me persuade, je ne suis plus, je copie, je ne sourie plus, je fait semblant, ma vie et malsaine, elle et trop forte en émotions, il y a trop de sensation d’incompréhension, trop de souffrance et pas assez d’enfance, le pire et que je le vie bien, j’aurais pue devenir psychopathe ou névrosé, mais il en et pas tant, non car je suis quelqu’un qui repart de rien, je suis la génération chien, mais il y a encore ce regard qui me trahis, alors je change et rechange tout, je ne dort plus parterre, non je dort sur du mous, alors que le solide m’aller très bien, mais l’homme ne comprend pas, alors je me terre et m’enterre, je ne mangeais que une fois par jour par manque d’envie, maintenant je me gave pour m’éviter les souvenir, mais on ne me voit pas vomir cette honte, je m’efforce a faire des effort, ce n’est pas des effort digne des plus grande considérations, non juste des chose qui sont a mon niveau, je me tente a devenir ce que je doit être, devenir ou souffrir.

Texte du 27-04-2005

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23H58

Une larme à la bouche, car mes yeux ne peuvent plus pleurer.

Ô toi femme que j’ai tant désirée, femme que je n’ai pu admirer, femme que je ne cesse de regretter, dis-moi un jour que tu sauras me réconforter. Dis-moi que je suis le fils que tu n’as pas enfanté, mais tant convoité. Je ne te connais pas, mais je sais déjà que je te regarderai avec un amour que tu ne pouvais avoir connu, tant il t’était destiné.

Oh toi femme que j’ai tant désirée, prends-moi par la main, celle-là même qui a été brisée maintes et maintes fois par les humains qui jamais n’ont su me regarder comme tu le ferais, Ô toi femme que j’ai tant désirée, offre-moi la matrice d’une mère que j’aimerai pour l’éternité.

Ô toi femme que j’ai tant désirée, je rêve du jour où ma tête se verra posée sur tes genoux, Ô toi femme que j’ai tant désirée, tu caresseras mes cheveux et me rassureras en disant que mes futures étapes seront félicité de ta voix qui déjà, je le sais, me rassurera tant.

Ô toi femme que j’ai tant désirée, femme que je n’ai pu admirer, femme que je ne cesse de regretter, je me sens seul sans toi, je me sens indépendant dans l’orphelinat de mon cœur, je me sens dépareillé dans la pupille qu’est cette vie que je ne cesse de regarder avec des yeux trempés de larmes qui ne peuvent t’être destinées.

Ô toi femme que j’ai tant désirée, femme que je n’ai pu admirer, femme que je ne cesse de regretter, j’ai peur, lâchement peur, mais fermement peur.
Je ne tiens plus loin de toi, l’obscurité des ténèbres quand au crépuscule viennent ces ombres du soir, me rend ombre et étoiles d’un amour que je te souhaiterais central.

Ô toi femme que j’ai tant désirée, femme que je n’ai pu admirer, femme que je ne cesse de regretter, viens à moi, même si je ne te connais pas ô toi femme que j’ai tant désirée, femme que je n’ai pu admirer, femme que je ne cesse de regretter, prends-moi dans les bras et d’une douce parole, alors que mes larmes tomberont sur le sol, dis-moi : « Je ne suis pas ta biologique mais je vais être ta psychologique, oublie le passé et regarde l’amour que je vais te donner, car je t’aime comme si ton corps était celui que je t’avais donné ».

07H44

Ce monde-là, cette terre-là, cette planète-là, elle n’est pas faite pour nous, nous sommes faits pour quelque chose de plus grand, de plus innocent, de moins méchant, nous sommes faits pour de la magnificence, pour de la beauté brute, du diamant qui brillerait de mille éclats ou comme un jerrycan qui brûlerait des sens…

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06H06

Quand on n’a que l’envie,
l’envie des autres,
l’envie d’envier la vie,
comme si nous n’étions que des fautes.

Quand on n’a que l’envie,
l’envie d’être un autre,
l’envie d’envier la bourgeoisie,
comme si nous n’étions qu’apôtres.

On ne peut vivre de vie, on ne peut vivre de rire et de magie. On vit alors de nostalgie et de jalousie.

Éclaté par un sentiment d’idéologie, nous nous terrons dans une mythologie de bonheur démographique que nous ne pouvions connaître avec courtoisie.

Quand on n’a que l’envie, nous n’avons que l’envie.

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11H49

J’aurais dû parler, te dire ma lâcheté, t’exprimer ma poltronnerie d’amour sans regrets, te donner des paroles de pusillanimité. Mais je n’ai jamais rien fait, j’ai eu parfois des langages emplis de couardise, mais jamais avec franchise ; j’ai utilisé un dialecte de crainte, des idiomes d’angoisse. Mais l’argot était fait d’appréhension, anxieux dans l’affect.

J’aurais dû parler, mais le jargon de la frayeur ne suffisait pas pour que mon verbe ne soit dans la terreur, alors je me suis tu, juste parce que se taire était mon affection, et j’ai été discret dans l’attachement, j’ai même été silencieux dans la tendresse et l’adoration. J’ai eu parfois des langages emplis de couardise, mais je ne pouvais dire ma débrouillardise de dévotion. J’ai gardé le silence parce que j’ai préféré négliger de dire ce que je pensais, pour te garder de révéler que je n’avais rien déclaré, sans que cela n’engendre un bruit qui court, cela va sans dire.

J’aurais dû parler, te dire ma lâcheté, mais je me suis contenté d’acter mon amour plutôt que de jacter pour ne rien dire, comme ces humains qui courent dans cet espace qu’il me plaît d’appeler la basse-cour.

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11H39

Marcher,
Fonctionner, pour ne pas y penser.

Rouler pour ne pas regarder,
Y aller pour ne pas regretter,
Circuler pour ne pas y retourner,
S’y diriger pour ne pas reculer.

Avançons dans la pénombre,
Errons dans les catacombes,
Laissons là nos erreurs nauséabondes.

Planons sur la route de nos terreurs,
Arpentons la maigreur de notre raideur, et traînons sur la réalité de nos prédécesseurs.

Nous consentons à évoluer sur la prospérité d’un accord balayé par des balades où nous nous sommes fourvoyés avec des mensonges éhontés.

Nous crapahutons comme des vagabonds, voyageons dans la condamnation. Mais c’est un marathon inadapté pour des humains défigurés par leur irradiation à la dépravation d’une capitulation démantibulée, à travers leur émanation d’auto-condamnation.

On trottine vers une chevrotine, on trottine avec un sillage de toxines, on trottine vers notre guillotine.

On trottine, mais on y va comme des guignes.

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23H18

Une seule parole de sa part avait suffi pour que le son de ma voix qui dans un brouhaha de chuchotement me paraisse un cri parmi des gémissements. Il ne m’aimait pas, et au fond de moi, j’entends mon cœur qui hurle des murmures de haine, le bruit est léger pour ceux qui entouraient cette pièce qui me semblait immense, mais démesuré pour celui qui l’entend de l’intérieur.

J’ai mal, ma peau et mes os frémissent de clapotis corporels, ce n’est pas suffisamment fort pour que les claquements de mes dents soient remarqués par ceux qui font des cliquetis avec leurs regards avares d’ennui et de peur. Le son est sourd, le bruit bourdonnant, le grondement silencieux, mais j’ai mal, la détonation de ces mots a produit une déflagration des sensations de mes maux. C’était fracassant, le vacarme dans mon être était un tapage de chahut et le sifflement qui s’en suivit me rendit sourd d’une vie qu’à jamais je ne pourrais avoir dans l’oubli.

Ahurissant est le seul mot qui me vienne en tête, mon corps venait d’exploser en mille morceaux, j’avais affreusement mal, mais personne n’avait rien entendu.

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16H23

C’était une kermesse de sentiments, les jeux n’étaient pas complexes, mais les gains pouvaient rendre perplexe. Nous nous amusions vous et moi sur la marelle des abracadabras de nos paroles écrites à l’aquarelle. Vous souvenez-vous de nos parties infinies, de nos amusements de vie, de ces idylles d’envie ? Moi, je me souviens de tout ! J’aurais aimé jouer à la marelle une dernière fois avec vous. J’aurais aimé écrire une nouvelle fois avec une craie épaisse les mots sur lesquels nous devions sauter pour ne pas tomber dans le vide que nous ne cessions de nous inventer. Vous souvenez-vous de mes baisers, de mes paroles qui vous étaient destinées ?

Aujourd’hui j’ai mis ma veste en soie bleu, celle que vous aimiez tant et qui vous rendait heureux, puis je suis allé tracer un dessin qui servira de plateau de jeu en plein air, je l’ai réalisé à la craie car cela peut s’effacer, elle est rose comme l’odeur que vous aimiez porter quand j’étais morose.

J’ai écrit tout autour les sentiments que je n’ai cessé de vous porter, et au moment où vous recevrez ce courrier, j’aurai joué une dernière fois une partie seul pour me remémorer les plaisirs que nous avons tant partagés.

Vous rappelez-vous ? La première case c’est la terre pour les terre-à-terre, puis la deux pour les bienheureux, la trois pour ceux qui n’y croient pas, la quatre pour combattre. Puis il y a la cinq pour voir l’olympe, la six pour les narcisses, la sept pour les squelettes, la huit pour la fuite. Il reste la dernière case, la meilleure, celle à atteindre, et ce soir après avoir dessiné à la craie la marelle de nos regrets, ceux qui sont et resteront à jamais, je jetterai le caillou dans la dernière case, celle du ciel pour qu’une dernière fois je puisse m’envoler dans vos pensées. Juste une dernière fois pour vous rappeler que je vous aime à jamais.

C’était une kermesse de sentiments, les jeux n’étaient pas complexes, mais les gains pouvaient rendre perplexe, la marelle, je l’ai dessinée sur le lieu de notre premier baiser, au dix rue du Faubourg Saint-Honoré, sur ce toit penché qui nous a fait illuminer nos nuits passées. La case du ciel surplombe la rue, et pour ne pas vous mentir, je n’ai pu la dessiner, car pour une fois, j’ai voulu réellement y aller. Vous rappelez-vous, le premier qui touche le ciel a gagné ? Ne m’en voulez pas, j’ai toujours aimé gagner.

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08H23

Parfois tu auras mon âme entre tes doigts, souvent tu profiteras de mes sentiments, mais jamais à aucune heure tu n’emporteras mon cœur dans tes malheurs.

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23H10

Bonjour Wolgan,

Quel plaisir de recevoir une lettre de votre part, quel plaisir de savoir que vous ne m’avez pas mis à part de votre quart de gloire. Moi aussi, souvent, je me permets de penser à vous, à ce que vous devenez, ce que vous êtes et serez à jamais dans mes petites idées de garçonnet mal aimé. Le manque je dois vous le concéder est de plus en plus ancré dans ce monde gâché que je ne cesse de tenter d’avorter nuit après nuit étoilée.

Aujourd’hui, j’ai presque 12 ans vous savez, souvent l’on pense que je suis plus âgé, à cause du langage plus qu’empli de courtoisie déplacée que j’utilise pour cacher un manque évident de reconnaissance de la part de ceux qui n’ont su m’aimer tel qu’ils le devaient. Mais j’ai bien douze ans, oui, je ne suis qu’un enfant, qu’un foutu enfant qui souhaite vivre une vie d’enfant. La dernière fois que nous nous sommes quittés, j’étais dans une famille d’accueil, mais figurez-vous que j’ai dû partir, car pour mon plus grand malheur ils étaient tous aussi pervers que mon père. Ces deux personnages étaient bien pire que je ne le pensais, à vrai dire pour ne pas vous mentir je me demande même si les adultes sont ou peuvent être gentils. Je perds de plus en plus espoir les soirs dans mon lit seul après avoir dîné au réfectoire des enfants maudits.

Vous n’imaginez pas à quel point votre lettre me fait plaisir, j’aimerais tant voir à quoi vous ressemblez aujourd’hui, êtes-vous plus heureux qu’hier ? Y a-t-il de l’espoir après l’air irrespirable que vous avez tant respiré malgré vos prières, que vous écriviez à l’encre noire ? Êtes-vous heureux ? J’ai tant de questions pour vous, tant d’interrogations, tant de demandes. Mais je ne vais pas vous faire un interrogatoire, vous et moi sommes pareils, plus il y a d’énigmes et plus la matière devient liquide dans nos pensées.

Dans votre lettre, vous parlez du fait que nous étions des jouvenceaux, mais vous savez, plus je regarde le monde et moins je souhaite grandir. Rien ici ne me plaît ! Être un adulte est horrible, je les vois tous avec leur grand corps déformé, leurs mains gigantesques et leurs voix énormes et gargantuesques. Moi, je ne veux pas devenir comme ça, je suis un garçon gentil. D’ailleurs, personne ne le comprend, quand je dis que je suis un garçon gentil. Mais cela veut dire que je suis tout le contraire de leurs vies insignifiantes emplies de haine et de soucis inhumains dans leur humanité loin d’être humaine.

Je vous assure, j’ai peur, infiniment peur, extrêmement peur, incomparablement peur. Oui peur de devenir ce qu’ils sont.

Mais vous et moi savons que je me battrai autant que je le pourrai, je le ferai fabuleusement et plantureusement pour rester ce petit garçon gentil. Même s’ils continuent de me taper, même s’ils me privent de manger, même s’ils veulent que je continue à jouer à leurs jeux d’adultes déplacés. Je m’en fiche, je ne grandirai jamais, je resterai à jamais ce garçonnet mal aimé. Car un jour je l’espère quand ils me regarderont –  puisqu’ils me regarderont – ils auront honte de leurs actes, honte de leur violence, honte de la brutalité, de la férocité, de la colère et de la torture de leurs sévices exécutés sur moi alors que je suis sans défense et une nouvelle fois comme il me plaît à le dire, alors que je ne suis qu’un garçon gentil mais désespéré.

Vous n’imaginez pas à quel point votre lettre me fait plaisir, mais aujourd’hui j’ai presque 12 ans vous savez, et je me demande si espérer n’est pas un acte d’ignorant aveuglé par des images qu’il ne peut qu’inventer. Je ne me décourage pas, je ne m’abats pas non plus, mais je dois l’avouer, le chagrin et la désolation avancent pas à pas vers un brisement qui paraît de plus en plus difficile à réparer sans que cela se voie.

Merci pour votre lettre, elle est une lumière dans le noir, une étincelle pour l’espoir et un feu pour brûler ceux qui prennent trop de place dans mon cœur faiblard. J’espère que mon courrier vous incitera à poursuivre notre correspondance, car soyez certain qu’au plus profond de moi, c’était une envie qui surpassait bien d’autres désirs que celui de vous parler. Merci de l’avoir fait.

Dans l’attente de votre réponse, croyez bien que moi aussi, je n’ai jamais cessé de penser à vous mon ami regretté.

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