23H28

Toi et moi… deux enfants du passé, ceux-là même qui vivraient dans un temps que seuls les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre, nous profitons de chaque seconde que le temps lui-même nous offre. On vit tout comme si c’était la dernière fois, comme si la mort était à notre chasse, là… derrière nous… on profite, on s’embrasse, on se dispute, on joue, on blague, on fait tout comme des adolescents qui ne voudraient pour rien au monde grandir sur une terre qui ne leur ressemble pas.

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01H52

J’aurais aimé être viril, mais mon corps reste stérile face à mes envies fébriles, je souhaiterais être l’homme, celui que l’on dessine avec un grand H, celui qui porte son corps droit comme un roi, celui qui marche les épaules hautes et fier d’être masculin, tout ceci avec panache.

Mais je suis féminin dans mon masculin, je suis la honte dans ma fronde contre le monde.

Je suis, je suis, je suis, toujours le « je suis », car je suis celui qui décrit la génération selfie, riche de photographies et d’avis sur les autres et sa propre personne meurtrie par des instants sans vie mais avec un filtre détruit par le faux d’un vrai souci.

Triste égoïsme d’un monde définitivement non altruiste, car l’altruisme n’est qu’image utilisée pour son reflet et « hashtaguée » pour être encore plus aimée des autres et de la communauté commune mais vide de personnalité.

Vigoureux d’émasculation, je me taillerai les veines de votre violence verbale, courageux d’une mièvrerie sans passion, j’arracherai ma carotide de vos virulences banales.

Puissant de chétiveté, je déracinerai chacun de mes globes oculaires pour encore moins vous plaire, car je ne serai, au grand dieu jamais celui que vous regarderai avec respect, puisque je ne suis que le déchet de votre sexualité.

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02H34

Je n’ai jamais choisi la vie,

toujours regretté les avis

éternellement endeuillé les préavis,

et sans cesse assouvi l’inassouvi.

Qu’avons nous pu faire pour mériter de vivre, si ce n’est avoir été au mauvais endroit le mauvais jour en ayant cru que le fait d’aller plus vite et plus loin nous sauverait d’un futur empli de regrets.

Je n’étais que graine et déjà les mauvais choix étaient présents, là à côté de moi, comme une ombre qui suivrait un vieil homme en fin de vie ; mais malheureusement pour moi cette ombre allait me donner l’existence, sans qu’elle se soucie qu’à aucun moment de ma vie je veuille de cette présence parmi des humains inanimés d’humanitaire déshumanisée.

Vivre pour vivre car survivre est devenu un mot furtif, que l’on ne peut même plus prononcer futilement, car même furtivement il obscurcit une réalité déjà bien assourdissante de mots abusivement engourdissants d’assoupissement.

Je n’avais jamais demandé à vivre, à mon grand regret aucune aiguille à tricoter ne passa dans l’orifice qui me servait d’incubateur.

Ni de fausse couche, que des échecs, pas d’insuccès, juste une faillite torpillante qui mettra le monde dans l’embarras, à la vue de ce bout de rien faux-fuyant d’une air subterfuge qui rappelle le dîner aux chandelles qui a donné le début d’existence de ce charabia de confusion désordonnée de laideur et de braillements.

J’ouvre un œil et souhaite déjà qu’il soit percé, je pousse un cri et constate que je ne suis pas muet, j’ouvre le second œil et regarde avec pitié cette femme préparer ces affaires, pour laisser son bambin qu’elle ne nommera jamais bébé, car à ses yeux il n’est que le gosse descendant d’un mufle bien moche qui au lieu de la nourrir lui a fait un nourrisson aux airs de progéniture, rejeton bien loin de l’image du poupon qu’elle se faisait.

C’est peut-être la seule fois où j’aurais pu dire « mère », mais à cet âge-là, on ne parle pas, on braille en beuglant quelque aboiement qui se confond avec des gémissements grinçants de disgrâce.

Mais mère si j’avais pu dire une phrase compréhensible, je vous aurais affirmé que le meilleur moyen pour neutraliser la gangrène, c’est le poison, et que du poison vous en aviez à foison dans votre génération, alors ne vous privez pas de me priver de vivre cela, car tout comme vous, je ne souhaite pas de moi.

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19H09

Je me suis fracassé contre ma destinée,

Je l’ai fait sans me tracasser,

Je l’ai fait sans bavasser,

Je me suis saccagé contre ma réalité.

J’avais le cœur cadenassé dans tes pensées, toi la mère que je n’ai jamais amassée, la mère que je n’ai jamais embarrassée en l’embrassant sans être encrassé de son manque d’amour et de sentiments bien placés.

Mère vous êtes la mer qui éloigne les instincts primaires pour faire place à l’amer d’un éphémère haineux disciplinaire de divisionnaire.

Je vous hais autant que je vous aime, je vous hais d’un amour inconditionnel, d’une affection extrême et je vous maudis sans peine, je vous abominerai post mortem, mais à jamais je vous regretterai en imaginant que vous auriez pu être une reine dans un règne parental sans œdème comportemental.

J’exulte de rimes car grâce à elles je ressens moins le crime que vous avez entrepris, alors que mes narines n’avaient encore eu la joie d’inspirer à l’extérieur de votre ventre synonyme de l’origine d’une divine envie sanguine.

Je vous hais mais au fond je vous aime d’un amour horriblement laid.

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03H28

C’était l’art de la brutalité et l’œuvre d’un amour sans réalité, nous étions un ballet de férocité tout en n’étant qu’une gambade de colère et de fureur emplie d’irascibilité. J’étais le taureau, toi le toréador, ensemble nous gambadions sur la virulence et ces sévices, parfois, il y avait une contredanse de douceur calme et reposante, mais ensemble nous étions plutôt dans un boléro de torture et de déchaînement. Tu avais un talent de rendre le moche… beau, la laideur… exceptionnelle et l’anéantissement… passionnant. Ton talent de corps était sans demi-mesure, il m’a souvent plu de dire que tu étais un génie des hémoglobines, un industriel de l’aversion, mais surtout un architecte de mes ruines. J’aurais pu faire autrement, choisir une autre danse, peut-être un peu plus classique, mais je ne savais pas danser, tu étais mon maître, mon professeur, celui qui instruit l’idiot, qui enseigne au stupide et qui était le maître sans être pédagogue du pauvre d’esprit que j’étais. Je t’aimais pour cela peut-être, pour ton intelligence, ta conception du monde, ton entendement abstrait de l’intuition des pensées, mais surtout pour ta maîtrise de l’esprit et de l’âme que tu discernais dans mon incapacité à être ou ne pas être. Je t’idolâtrais, j’étais fou de ton habilité et de ton adresse sans artifice, je te vénérais pour ta dextérité à m’émailler tout en me gravant comme un joaillier.

Tu étais un ébéniste et un pyromane, j’étais ton olivier et ton étincelle, la tentation était trop grande, l’idée trop brûlante sur tes doigts.

C’était l’art de la brutalité et l’œuvre d’un amour sans réalité. Nous étions un tableau peint avec de la fièvre, une croûte acharnée par la furie de ta frénésie. Nous étions un ballet de férocité photographié sans technicité, mais avec bestialité. Tu avais un talent de rendre le moche… beau, la laideur… exceptionnelle et l’anéantissement… passionnant. Mais ta fresque de sentiments ne m’a plus suffi, alors avec mon sang, j’ai dessiné une esquisse d’une vie sans toi, j’ai choisi le coloris, je ne voulais plus de bleu, plus de violet, plus de noir. J’ai pris mon sac et mes pinceaux pour dessiner en couleur avec de la gouache l’avenir que je voulais sans angoisse. Tu auras été le premier essai, celui que l’on recouvre avec un paysage pour cacher le gâchis, mais je le sais aujourd’hui que ma technique est plus détrempée, mon futur sera une aquarelle de splendeur peinte en pastel d’harmonie fine et subtile.

J’aurais pu t’aimer encore dix années, mais pour cela, il fallait que tu me protèges plutôt que tu danses avec tes poings sur mon visage mal dessiné.

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17H57

Mon cœur avait dit : « Soit des larmes, soit des armes. » Ma pensée avait affirmé : « Prends les armes, plutôt que les larmes ».

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08H46

Il ne me reste plus que ça, plus que ce visage, ce joli minois qui ne demande que toi, il ne me reste que cette joie, ce regard qui te fixe pendant tes blablas. Oh oui my funny baby, regarde par ici, oh oui, regarde-moi cette envie, elle ne demande qu’une parole de celui qui lui a enlevé ses peurs d’un ennui, oh my baby redonne-moi cette envie. Il ne me reste que ça, ces grands yeux qui regardent vers toi, oui ce bleu qui se perd dans tes mots heureux, cette tache marron qui ne veut que des mots profonds, il ne me reste que ce regard qui confirme notre espoir. C’est le visage d’un paysage, la passion d’une raison, notre amour restera-t-il là pour toujours ? Touche cette bouche, celle qui est remplie de couches de rose, tellement rosée à force de se mordre en entendant le mot « aimer » ! Oh regarde, regarde, regarde ce visage inondé de larmes, regarde ce maquillage qui coule, regarde, regarde, regarde, regarde !

Mon amour, viens un peu plus près de ton amour idyllique, oui vas-y approche-toi de ce corps diabolique.

Regarde comme il te crie au viol, tu ne peux résister à ce contrôle, alors vas-y mon ange, frappe de toutes tes phalanges, vas-y déchire-moi ce visage auquel tu ne peux résister, vas-y défonce cette bouche que tu ne peux embrasser, prends-moi là comme ça sur ce parquet en bois, casse-moi les tibias, vas-y à coups de hanches qui me déhanchent, prends-moi avec haine comme une chienne, imite ces bons vieux films poussiéreux que tu aimes tant, à la rage de tes dents, vas-y n’hésite pas à ma détruire, je pourrai mieux me reconstruire.

Mon amour, connais-tu mes sentiments, connais-tu ce que je ressens, je ne suis que le fruit de ton imagination, je ne suis que ce que tu veux que je sois, le paraître d’un ange qui n’existe pas, je ne suis que le reflet de toi, je ne suis même pas moi, je me transforme jour après jour pour pouvoir passer un peu plus de temps à côté de ton séjour.

Mon ange, je suis ta malédiction, tue-moi avec conviction, mon ange je suis ton diable, enterre-moi comme un misérable.

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04H59

Mon corps est la seule chose que je contrôle, j’éprouve une grande émotion à le torturer, l’amincir, le tatouer, le percer, le frapper, le violenter, le saigner ou même pire le lacérer.

La reconnaissance de la toute-puissance de l’ascendance en toute efficacité d’une domination personnelle sur son organisme m’est exaltante. L’anatomie individuelle est notre propriété à part entière, donc par traduction notre privé intime devrait nous être en particulier et exclusivement situé dans un égoïsme égocentrique singulier. C’est pour cela qu’une béatitude profonde et intense engorge mon corps quand une moindre douleur aussi infime soit-elle me pénètre. Elle peut être une pointe de compas, une lame de cutter, une aiguille à coudre, et les mauvais jours, je prends un couteau chauffé à la cuisinière électrique, un mégot de cigarette, une bulle d’air enfoncée sous la peau avec le suspense de peut-être la mettre dans une veine.

Je dois avouer avec une pointe de jubilation que le mieux reste l’expérimentation de la famine ou de la déshydratation. Elles sont, ces deux dernières, des douleurs lentes et pesantes, comme le fardeau de la vie que je porte en permanence.

J’aime avoir mal, souffrir intensément.

Ainsi, je me contrôle, je contrôle tout, tout et encore tout, du moins le tout qu’il me reste en tout, et dieu sait qu’il ne me reste rien du tout. Ce n’est pas un viol, c’est un meurtre, je tue l’enfant qui était resté éveillé en moi pour réveiller la bête, le sauvage, l’animal, le rapace, le lion, le chacal. Voir mon sang couler et assumer la raideur profonde que cela procure est un acte puissant et sans fond à l’enivrement contemplatif que cela me procure.

Mon corps est la seule chose que je contrôle, certains disent que je ne contrôle plus rien en me tabassant comme ça dans des soirées lointaines de toute humanité. Certains diront que je suis un fou dans une folie de masse ; sachez que nous sommes juste des animaux qui laissent leurs pulsions entrer dans une harmonie d’unisson sans déraison, mais avec beaucoup de passion.

J’aime me saigner, me lacérer, me torturer, le faire en me regardant dans un reflet, contempler la déformation de la réalité. J’aime, oui, j’aime souffrir comme au premier jour ou j’ai respiré, j’aime, oh oui, j’aime que mon corps soit l’instrument de mes folies puissantes et emplies de regrets.

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22H22

J’ai prié, prié pour ma personne, demandé pour ma tête, conjuré pour mon esprit, imploré pour ma cervelle, adjuré pour mon intelligence. J’ai prié mais rien n’est venu. J’ai supplié pour l’entendement, pour le jugement et parfois aussi pour la raison, mais une nouvelle fois seul le néant m’est apparu. J’ai adressé des paroles pour le grand esprit, le visionnaire, le céleste, le dieu et je me suis agenouillé à m’en faire saigner, pour l’intellect, pour la foi… mais rien ne m’est apparu.

J’ai prié en sachant que la prière n’était que le premier combat d’une longue guerre que je menais contre moi, contre l’Asperger, contre l’élémentaire. Mais je l’ai fait… sans repère, sans père, sans mère… je l’ai fait en croyant être dans le salutaire.

J’ai prié, prié, foutu dieu que j’ai prié, j’ai prié à en pleurer, à une nouvelle fois en saigner, à en crier, à en hurler, à m’éprouver de cette peine si mauvaise, si ancrée qu’elle ruinait et infestait mes heures passées. J’ai prié pour ma personne, demandé pour ma tête, mais oublié que le miracle ne tombe pas comme une merveille mystérieuse qui arriverait, tel un prodige signe d’une bonté parfaite et perfectible sans travail et sans volonté.

J’ai prié, prié pour ma personne, demandé pour ma tête, conjuré pour mon esprit, mais même dieu et les anges savaient que mes prières n’étaient que des pansements d’un spectre que je ne comprenais pas.

Alors, je me suis arrangé avec le génie, les fantômes du passé et les démons du futur pour pardonner, conjurer et adjurer tous ceux que j’avais blessés et continuerais de blesser encore en vivant dans une survivance vigoureuse. J’ai prié en sachant que la prière n’était que le premier combat, mais n’avais imaginé que la guerre m’amènerait à cette guérilla.

J’ai prié mais ne prie plus, car la lutte m’a amoché et la conflagration m’a balafré le reste de morceaux cassés qui restait à mon cœur, si impossible à réparer. Meurtri par les entailles de la déception, je répare à présent les contusions d’une belligérance interne et soigne méticuleusement les préjudices de cette opération troublante qu’est le combat que l’on mène contre soi. J’avais adressé mes prières sans comprendre que c’était un acte codifié et collectif dans son individualité. Je ne savais pas qu’elles devaient puiser dans l’intercession, dans la confession ou la gratitude. J’avais prié mais oublié que je n’y croyais pas, en ces divinités. Je n’ai plus prié, plus prié pour ma personne, plus demandé pour ma tête, plus conjuré pour mon esprit, plus imploré pour ma cervelle, plus adjuré pour mon intelligence. Je n’ai plus prié, et tout m’est venu. Je n’ai plus supplié pour l’entendement, plus pour le jugement et parfois aussi plus pour la raison, et pour une fois seules l’existence et la beauté de l’être réel me sont apparues. Je n’ai plus adressé de paroles pour le grand esprit, le visionnaire, le céleste, le dieu et je ne me suis plus agenouillé à m’en faire saigner, pour l’intellect, pour la foi… Et la création m’est apparue.

J’avais prié, prié pour ma personne, maintenant je crée, crée pour les personnes.

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13H26

C’était une phrase qui ne se disait pas, ou peut-être plus, quoi qu’il en soit il me semblait que je l’avais déjà entendue.

Éternellement était un signe du néant, c’était même l’annonce d’une inanité, d’une faiblesse ou d’une misère. Ce n’était pas de la mélancolie, c’est dissemblable. Tu t’attendais à une tristesse, à de l’ennui, mais rien ne se fit, rien ne vit le jour ni la nuit. C’était plus nuisible que cela, plus épouvantable dans la pénibilité exécrable. Ça sentait l’horrible odeur du mauvais jour, ça laissait un sillage fétide qui te prouvait que tu allais une nouvelle fois être dans la pestilence de tes sentiments. C’était fini, on achevait la contemplation et usait la concupiscente volupté. Tu réalises que l’on vient de faire un infanticide sentimental de tes petites dévotions que tu protégeais, que tu défendais et que tu berçais sur des airs musicaux cultes, qui accomplissaient la mélodie de ta piété.

Te voici victime du crime tendre, qui par un mysticisme est en réalité un égorgement d’une idylle libertine.

Tu regardes les yeux trempés de tes intrigues, et constate le génocide de tes luxures, c’est brutal, féroce, virulent, mais tu t’y attendais. La torture est là, elle t’avait prévenu, mais tu as continué, tu as cru pour je ne sais quelle idée préfabriquée que tout allait fonctionner. C’était l’impétueuse réalité. Ton hymen cérébral est pourtant arraché, ce n’est pas la première fois, mais cette fois il y a une migraine qui t’assomme, tes poumons se décollent, ta respiration manque d’oxygène, tes engouements se meurent. Et tu regrettes, tu pleures, tu déplores avec sanglot l’échec, tu te reproches l’état physique de la débâcle. Mais tu sais, oui tu connais cette sensation dans ta peau, c’est à l’intérieur de toi, comme une gangrène, ça pourrit dans ta chair, rend véreux chaque cellule de ton corps, corrompt tes neurones les uns après les autres. Tu t’empoisonnes, fonds en larmes, tu brailles, chiales, hurles, saignes des larmes, ta bouche se nécrose à force de mordillement haineux, tu reconnais les erreurs mais jamais les faits.

Alors tu avances sans avancer mais tu te promets une chose, plus jamais tu n’entendras cette phrase, à condition que plus jamais tu ne dises ce mot. Et tu avanceras, une nouvelle fois, contre tout, contre toi, tu iras là où tu voudras. Tu t’en sortiras, une nouvelle fois, sans lui, donc sans une partie de toi, tu bomberas les épaules, regarderas loin devant, sans haine, sans rage, sans peine.  Tu te refuseras les remords, le déshonneur et le discrédit. Tu garderas exclusivement l’espérance et l’appétence. Quelle appétence ? De trouver la prospérité, l’émotion, la béatitude, la joie, le plaisir, le ravissement, la satisfaction… l’enchantement… l’euphorie… et, qui sait, peut-être l’extase. Car tu songeras un jour à t’en sortir, une nouvelle fois, et tu songeras à faire de toi tout ce qu’ils ne sont pas.

Car aimer c’est un attachement, et toi à présent tu es dévoué à être détaché du dévouement et du lien de l’inséparabilité. Vivre sans aimer, c’est mourir sans espérer.

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00H18

À cœur ouvert, j’ai la veine à découvert.
À coups de crosse dans les gencives, je me perds dans tes dérives, je ne me sens plus de vivre dans vos pensées, vous les véhémentes que je n’ai pas voulue aimer.
Comme ils pensent !
Trop de « je pense donc je suis »,
Trop de « pour les autres »,
Je ne vis plus je survis,
Je dis trop « pour les vôtres ».

Je crois avoir la vérité juste, mais la justice n’est pas la justification du justifiable, ce n’est pas moi qui ai la raison, ce n’est pas moi qui réponds aux questions ! Non, c’est nous qui vivons vos regards hébétés, c’est nous qui traumatisons nos neurones avec vos « je dis, donc je sais ». Alors il est temps que les petites bouches violées par des vingt centimètres parle et vous dise nos survies, il est temps de montrer les dents, que la corde à pendre se transforme en corde vocale. Il est temps qu’on hurle à la figure, il est temps qu’on montre ma réalité.

Il est temps que vous changiez vos regrets pour nos regrets.

® Texte écrit le jour de mes 18 ans, il y a 11 ans et 23 jours. Il n’est pas bon, mais il a les paroles et l’innocence d’un jeune con.

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06H01

L’attention d’une tension…

Je suis ton objet, le temps d’une nuit, ni plus ni moins, fais de moi ce que tu veux, prends-moi dans tous les sens, fais-moi brûler mes sens, vas-y à coups de hanches. Ne me juge pas sur ce que je laisse paraître, je ne suis que ton reflet. Prends-moi par les hanches, emmène-moi loin de tout ça.

J’ai mon corps qui transpire, des gouttes qui coulent le long de mon visage, elles glissent lentement et atteignent mes fesses tout juste découvertes. Je suis là, étendu sur le sable chaud et mon torse brille de toute cette ardeur qui envahit ma personne. Je glisse un de mes doigts, lentement, puis un autre, pour arriver à la jouissance insolente, je t’attends toi.

S’il te plait, regarde-moi, fais de moi un roi, prends-moi par la main, dis-moi qu’il n’y a que moi ici-bas, fais-moi rêver, dis-moi que je suis celui que tu attendais, dis-moi que je suis ta destinée, fais-moi enivrer tes pensées.

 J’ai besoin de toi là où je suis, j’ai besoin de ta force, de tes bras en moi, porte-moi dans un autre monde, fais de moi ta joie. Prends-moi contre ce mur et rappelle-moi que je suis en vie, prends-moi contre ce ravin, et rappelle-moi mon destin …

Intoxique-moi, baise-moi, déteste-moi, viole-moi, prends-moi, suce-moi, rappelle-moi que je suis là, oui bien là, en vie contre toi. Mange-moi à coups de poing, prends-moi à coups de fraise chantilly, je te veux dans un désir noir et intense, fais-moi crier jusqu’au bout de la nuit, fais péter un câble à ta ville sous les hurlements de ma jouissance …

Je suis toi, le temps d’un moment qui n’appartient qu’à moi … Save me from myself, un ange qui n’a d’angélique que le visage, le reste est diabolique et rempli de violence intense, je ne suis moi qu’à travers une image que je me suis créée pour que personne ne puisse douter de ce que je suis, j’aime à faire croire que je ne suis qu’un autre.

À coups d’héroïne, je me surprends à me dire que la cocaïne me permettrait de croire que je suis à l’extase d’une vie trop héroïque, pour être réalisable, sous peine d’être déraisonnable …

Le côté noir d’un ange blanc, le côté blanc d’un homme noir.

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06H38

La vie continuera, malgré les coups que tu me donneras. Je continuerai de regarder droit devant, je le ferai la nuit ou au soleil levant, rien ne m’arrêtera, rien ne me stoppera, car la vie tu sais, aussi laide soit-elle, elle m’a fait avec une âme humaine.

Il y en aura d’autres, des hommes comme toi, d’autres qui profiteront de moi, mais je ne leur en voudrai pas, je ne suis pas de ces gens-là, je ne mange pas de ce pain-là. Rien de ce monde ne me fera tomber aussi bas. Et puis ces hommes ne sont pas de grands hommes, ce sont des individus sans être des bonhommes, ce sont des garçons au lieu d’être des bonshommes.

Le sapiens est un chien, il va au maximum être là, à hauteur du rectum, mais fera croire qu’on le surnomme « surhomme » alors qu’il n’est que le cabot d’un clébard que même la Gestapo ne souhaiterait pas comme excrétoire. La vie est ainsi, faite de pavés jetés contre les inassouvis. La vie continuera contre tout, contre toi, contre moi.

Même avec un fusil contre la tempe, je marcherai contre toute attente, car on attente pas à ma vie sans subir une attaque éclatante de combattant, prêt à être dans l’éclat épatant de décadence extravagante.

La vie continuera, malgré la violence qu’elle m’offrira, car tout ce que tu penses être une malchance est un cadeau pour être un meilleur moi.

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16H30

Le temps s’était suspendu, juste le temps d’un temps,

Il n’avait rien d’important ou de distendu,

Juste une évaporation de sentiments le temps d’un moment,

Mon cœur était vivant sous un sous-entendu de substitut.

Les palpitations se faisaient sans raison, sans crier gare me voilà avec de la passion, me voilà avec de l’envie, l’envie d’aimer et d’être aimé, l’envie de folie passionnelle, sans raison et sans relationnel.

Me voilà dans la folie de la vie, celle qui tue faute de survie, celle qui assassine avec peine et envie. me voilà dans la mélancolie, mélancolie de quelque chose que je n’ai jamais connu ni entendu dans ce monde démoli par une symphonie de cacophonies.

Je pénètre dans l’inattendu, dans le persistant, dans la laideur des faubourgs de l’amour, je fais irruption dans les aberrations de l’attachement, de la piété, de l’inclination, de l’intrigue, de la faiblesse, de l’attraction, du sentiment et de l’union.

Me voici au cœur du cœur, celui qui vous nomme les concupiscences, celui qui cherche la cupidité de l’appétence, celui qui coule à la perte avec les aversions de la tentation.

Je suis perdu, perdu d’accouplement, perdu d’adultère, perdu de fleurette et d’amourette, incurable de lascivité, irréparable de volupté, mourant d’existence.

J’aime, mais je ne peux m’empêcher de détester cette impression de manque de censure sur mes pensées.

J’aime mais je déteste aimer, car l’amour me rappelle le quadrillage de ma vie passée et le fait que je ne puisse employer ce verbe au passé.

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00H59

Tu n’as regardé que la cambrure, qui s’offrait à tes yeux par mésaventure, tu as observé le cintrage de ce corps sans demi-mesure, imaginé que tu y plongerais les yeux baissés, sans censure. Tu as examiné ces deux pommes que formaient mes fesses en face de toi, les as dégustées avec allégresse et sans rassasiement courtois. Tu as plongé ton corps entier dans un vaste projet, qui est de conquérir la sensualité. Tout ceci en oubliant la sagesse de ta joie, qui était si dure et palpable à ce moment-là. 

La gaieté de tes muscles laissait une odeur de lubricité exotique à mes côtés, tes mains si rudes, si fermes, si abruptes ont assujetti mes hanches concaves et ma croupe galbée pour un acte endurci et résistant à toute insatisfaction de sybaritisme lascive. Tu as examiné la douceur de ma peau, tout en contemplant la suavité de mes os si présents et puissants. Ma personne t’était un cadeau, une offrande, et dans des situations comme celles-ci, on ne remarque rien d’autre que ce constat de satisfaction voluptueuse et jouissive. Tu n’as regardé que la cambrure qui s’offrait à tes yeux, c’était comme une peinture, tu as scruté chaque centimètre carré de cette caricature qu’était le corps qui t’était mis en investiture. Tu as imaginé que tu y plongerais les yeux baissés, mais pas noté que mes yeux ne regardaient que la tapisserie qui nous entourait. Ta vue s’éblouissait seule sur la matière qui se tenait en face de toi, car d’humain, je n’avais que le son de ma respiration pour te le prouver. Tu as contemplé pendant que je dévisageais, tu as considéré alors que moi, je me contentais d’envisager et tu as touché alors qu’il fallait seulement s’y intéresser. Tu n’as que pollué en souillant comme les autres ma cambrure, tu as porté atteinte à mon échancrure, outragé abusivement avec violence cette monture que j’étais, et tu as galopé sans intérêt et sans t’arrêter avec profanation et dictature. Tu n’as regardé que la cambrure qui s’offrait à tes yeux, mais n’as pas remarqué que mon regard quémandait une aventure sans idées déplacées. La gaieté de tes muscles a craquelé ce bas de dos cambré sans que cela t’offusque, car tu voyais et entendais mais surtout ne voulais pas écouter, au risque de frustrer ton envie robuste. 

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