19H56

C’était magnifique de voir mon corps s’envoler dans les soupirs de mes regrets. Ce poignet tailladé de quelques coups de cutter m’enlevait des claques que l’on m’avait portées au cœur. Mon bois parfait avait pris depuis le temps quelques égratignures, les veines étaient de plus en plus visibles et la réalité cordiforme était faite de calculs indescriptibles qui menaient toujours aux même solutions qui annonçaient un non-futur perceptible . 

C’était extraordinaire de trouver une remède, une essence, un vif et une dominante à tout ce que le problème de la vie m’était en offrande. 

Au-dessus de ce mélange bourdonnant mon âme bien qu’emplie de tendresse bouillonnait de ce sommeil prolongé qui s’offrait à cet éternel que l’on me souhaitait. 

C’était magnifique de voir mon corps s’envoler dans les soupirs de mes regrets. Ce poignet tailladé de quelques coups de cutter m’enlevait des gifles que l’on m’avait portées au cœur. Mais mon ange tutélaire, ma puissance, mon murmure salutaire, ai-je le droit de me volatiliser en te laissant mes ailes pour te protéger ?

Ai-je le pouvoir de partir et d’emporter ta tristesse et tes amertumes avec mes principes de loyauté que je nous endosse ?

Ma créature, mon périple, la veine est à présent entièrement à nu, l’affligeante réalité a une vue désespérée, et mes soupirs sont une nouvelle fois emplis de regrets, mais une fois l’acte fait ils ne sont plus les mêmes  qu’ils étaient au début de cet acte acharné. 

Au-dessus de ce mélange bourdonnant mon âme bien qu’envahie de tendresse bouillonnait de ce sommeil prolongé qui s’offrait à cet éternel que l’on me souhaitait. Je m’en vais et jamais je ne reviendrai, le mal deviendra le bien, la mort t’octroiera une inédite vie. Je t’aimais, mais les actes inexplorés de ceux qui me regardaient ont rendu notre amour attristé. 

Je t’aime. 

08H08

La milice avait une arme que sa larme définissait avec vacarme, les fortifiés bien que chargés de cartouches ne tiraient que des verbes violents d’une insouciance hilarante. Nous les saisissions tous ces tirs hallucinés par des hommes et des femmes loin de tout regret, nous les sentions ces vibrations emplies de tumultes et d’irréalité palpable pour la moindre âme existante. 

Lui était là, seul face à tous, face à ces boules de feux instables, face à ces tirs insoutenables. Aucune défense ne lui était possible tant il ne possédait pas les moyens de se protéger. Pas de gilet pare-balles, pas d’armement de résistance, pas de casque pour ne rien entendre. Une nouvelle fois il était démilitarisé devant toutes ces âmes qui ne renonçaient à tirer à vision dégagée. 

Comment se préserver si ce n’est de prévoir et de porter en permanence une bombe sur soi ? se ceinturer d’explosifs prêts à éclater à chaque instant que le monde ne cesse de lui faire regretter. 

La milice avait une arme que sa larme définissait avec vacarme, pris par les tumultes de l’authenticité il choisit de plutôt se protéger. Mais se sauvegarder avec le peu de moyens qu’il possédait était une chose impossible voir emplie d’irréalité. 

Alors que faire ? Comment adopter le soin d’aller mieux quand rien n’est envisageable sauf l’invraisemblable ? Nous les sentions ces vibrations envahies d’effervescence et d’onirisme palpable pour la moindre âme existante. Mais avions-nous compris que ce petit bout de rien avait rejoint les limites qu’un rien ne pouvait atteindre? Tout évoluait mal jusqu’à ce cliquetis que le précédent tir avait déclenché dans son cerveau déformé par la violence des actes passés. Pas de gilet pare-balles, pas d’armement de résistance, pas de casque pour ne rien entendre, mais une solution radicale pour ne plus supporter, respirer et appréhender. 

Minuscule portion de rien était finalement un grand morceau de quelque chose quand une dernière désintégration se fit ressentir sur tous. Il n’était rien, ou personne, mais ce jour-la, les paroles qui lui étaient destinées, il les a transformées en une uniforme masse éclatée au visage de tous. Il venait avec ce bruit immense, bien qu’il ne pouvait parler, d’imposer un silence après une tempête que le reste du monde aurait dû voir arriver. 

Nous les sentions ces vibrations emplies de tumultes et d’irréalité tangible, mais nous n’avions su palper le revers que nous devrions payer. 

Lui était à nouveau présent, seul face à tous, face à ces boules de feux instables, face à ces tirs insoutenables. Se protéger était impossible, détruire et anéantir était l’unique option envisagée et concevable. Démolir pour mieux reconstruire était un mantra, quitte à lui-même être dévasté par cet acte désespéré que les autre n’analysaient pas. Nous les saisissions tous ces tirs hallucinés par des hommes et des femmes loin de tout regret et lui avait compris comment tout ceci pouvait cesser. 

Minuscule portion de rien était finalement un millier de grands morceaux de quelque chose éparpillé ici et là, parmi les dissemblables énormes fragments de tout qui était pour en finir un million de petits lambeaux de rien à présent. 

00H31

En étant réalistes, nous n’avions que des véracités.

Dès lors lui et moi avons décidé de nous mentir, de créer de meilleures authenticités falsifiées dans lesquelles nous pouvions évoluer. Nous les avions écrites sans regret, sans espoir, sans envie, mais avec beaucoup d’oublis d’insatiabilité.

Fabuler était un plaisir, une joie, une drogue, on le faisait pour nous, pour eux et pour le reste du monde. Notre amour ne se suffisait plus à lui-même, alors on faisait semblant que le mal était un produit et que le bien était un mauvais investissement que l’on dénigrait avec jouissance et fausseté glorifiées. On mentait aux yeux de tous avec pour seule vision notre regard qui se perdait un peu plus chaque jour dans notre enfouissement perpétuel que nous faisions sans réelle compréhension.

Nous avions profité lui et moi des joies de l’utopie, de notre idéalisée fortune sentimentale, nous les avions considérées et un milliard de fois crues, à tel point que dans la finalité nous ne savions plus maîtriser la contrefaçon du véritable. M’affectionnait-il davantage? Avait-il de vrais corps-à-corps romanesques encore pour moi ? Sainte Mère de Dieu, nous regardions comme au début, de la même manière qu’au jour où lui et moi nous ne nous mentions pas. Admirons l’ange derrière le démon, scrutons l’enfant dans l’ombre de l’adulte, moi je l’aime et je suis au fait que je ne me leurre pas. En étant pragmatiques, nous n’avions que des authenticités.

Mais la véracité est impossible à examiner sans avoir les rétines brûlées par une inavouable banalité des existences. Dès lors lui et moi nous avons décidé de nous mentir une dernière fois, car le mensonge était devenu une réalité. Puisqu’à force de déclarer que nous nous adorions… nous avons réussi par nous affectionner, à grand renfort d’annonces où nous disions que nous étions les plus forts. Aussi triste que cela puisse paraître le monde finit par accepter les faits? Mais au fond lui et moi savions que nous n’étions rien parmi des bricoles. Nous étions des falsificateurs dans lesquels nous pouvions évoluer. Mais quand on a tout, nous ne possédons rien.

On fabulait aux yeux de tous avec pour seule vision notre regard qui se perdait un peu plus chaque jour. Ultime mensonge pour une objectivité, nous concluions par nous promettre, « à jamais nous ne rêverions d’un futur ensemble, à toujours nous retournerions dans le cauchemar de la vérité imparable tant elle est glissante et irréparable ». « Je ne t’aime plus », sera ma dernière phrase, ma terminale imposture, ma suprême fausseté. Fuis-moi, car je suis celui que tu ne seras pas, cours de mille-et-un pas pour qu’à jamais toi et moi nous ne puissions nous retrouver. Je t’idolâtre, mais nos irréalités ont fini par nous rattraper. Je t’adorais, mais je ne sais plus si cela était une vérité ou un mensonge que je me suis fabriqué avec des fondations que tu m’avais menti avec jubilation à peine cachée. 

En étant pratico-pratiques, nous n’avions que des véracités, en étant dans l’imposture nous n’avons eu que des difficultés. 

20H43

Ce sourire était ce qu’il y avait de plus cher au monde, cette esquisse du plaisir était un rayon de soleil, une lueur et un soulagement quand celui-là même se produisait pour mon plus grand bonheur.

Mon amour, que je raffole te voir rire, pour un tout et souvent pour un rien.
Mon amour j’adore lorsque tes éclats couvrent n’importe quel son présent dans l’appartement.
Que j’aime ce moment où nos regards complices d’une sottise dite se croisent tandis que les pupilles sont mouillées d’une splendeur d’hilarité que nous, nous savons jouissive et positive. 

Ce rictus est ce qu’il y a de plus cher au monde, l’utiliser au passé est une hérésie tant il est existant dans nos vies, jour et nuit quand nous nous retrouvons corps-à-corps et entrelacés.

Sourions mon ange, rions à l’éblouissement, quitte à en perdre la parole, quitte à en égarer le pourquoi d’un commencement qu’on ne comprendrait pas. Mon messager je t’en supplie rigole, enflamme tes cordes vocales pour une vibration loin du mal. Cette esquisse du plaisir est un rayon de soleil, une lueur qui dans ces moments que l’on me connait trop pleins de noirceur m’emplit d’une lumière douce et réchauffant le cœur. Nous rions de mille-et-une splendeurs pendant ce repas, j’étais fier de moi puisqu’une nouvelle fois tes fous-rires étaient aux débordants éclats.

Tu rigolais de la même manière qu’un mari heureux, comme un homme dont je suis amoureux, comme un époux qui peut lire dans mes yeux.
À cette seconde-là, j’ai pensé à tort que rien ne t’empêcherait d’être chanceux avec moi, rien ne pouvait gâcher ce bonheur dont d’autres dans certains cas ont improprement dit qu’il était illusoire. Mon ange, tu sais j’entends encore le son de ta voix, je me rappelle davantage tout ton visage se transformer en une masse déflagrante de plaisir, je ressens supérieurement l’ambiance particulière de cette soirée la. J’ai songé abusivement que rien ne te nuirait d’être heureux avec moi, ou du moins que rien de ce bien-être ne pouvait exploser en fracas.

Mon messager, ce jour-là après avoir supporté la sonnerie de téléphone et les quelques paroles hurlantes d’une douleur que je ne connaissais pas, j’ai vu pour la première fois ce qu’était la tristesse en toi. Tes yeux bien que malicieux étaient devenus un vide où pas un homme courageux ne voudrait s’aventurer. Mon âme, j’ai eu tellement de souffrances instables en moi cette seconde-là, tellement de déchirements insaisissables cette minute-là.  Nous riions de mille-et-une splendeurs puis l’instant d’après nous pleurions de mille-et-une noirceurs. Ce sourire était ce qu’il y avait de plus onéreux au monde, te l’enlever était ce qui allait nous coûter le plus cher dans univers.

Nous riions de mille-et-une magnificences pendant ce repas, j’étais fier de moi puisqu’une nouvelle fois tes fous-rires étaient aux débordants d’éclats. À présent nous maîtrisons que rien ici-bas n’est d’une certitude sur laquelle nous pouvons parier à s’en faire couper le bras. Mais mon chérubin chaque temps que l’Être suprême me donne, je tacherai de toutes mes forces de te faire esquisser ce petit sourire qui est à mes yeux la chose la plus précieuse dans notre vie que nous savons tumultueuse. 

Voici la seule promesse que je puis te tenir, l’unique prédiction possible à réaliser, chaque jour que dieu me fait, je ferai tout pour que tes lèvres, ton regard et tes joues forment un éclat de rire que je ne cesserai d’admirer comme une œuvre picturale que je peinturerai jusqu’à la fin de notre destinée.

Et à chaque moment dur de la vie, j’attendrai l’instant opportun pour à nouveau te faire rire pour un rien. 

10H30

Qu’y a-t-il de plus constant qu’une mélancolie sans durée et sans intervalle ?

Tu n’as jamais su te satisfaire de ces moments radieux et joyeux que l’on t’octroyait. Tu n’as jamais pu comprendre la conjoncture de cette persévérance chanceuse qui était l’avantage de vivre sans concrète tristesse providentielle ou sans tangible matière nullement florissante. Mais quoi que le monde t’offrait tu restais impossible à combler dans ta dépression et ton accablement qui t’était une contingence perpétuelle réalisée de journées épisodiques sans envie, sans futur, sans désir et bien évidemment sans avenir. 

Tu aurais pu être beau, bon, béat, mais tu as préféré laisser ta chair et ton organisme se corrompre avec agglomération pour qu’ils se contaminent petit à petit pour putréfier le peu d’espoir qu’il te demeurait. Tu étais brillant, invraisemblable et magnifique, mais tout ceci, nous sommes bien obligés de le dire au passé, par cela même que maintenant ton corps s’est détérioré et dévalué, car infecté malheureusement par des empoignades que tu t’es faites à force de danse et de chorégraphie honteuse, où ton chagrin d’une douleur imaginaire a effrité puis gangrené pour faire et refaire l’homme que tu seras à jamais. 

Qu’y a-t-il de plus constant qu’une mélancolie sans durée et sans intervalle ?
Qu’y a-t-il de plus sinistre qu’une tristesse qui n’existe pas ? 
Mais qui avait-il de plus beau et de plus incroyable que ce moment où le désespoir troublé par une agitation émotive, s’est transformé en un état physique gracieux, adorable et chic ? C’était étonnant et bizarre de te voir dans un émoi impressionnant, la béatitude que tant te souhaitaient te devenait renversante d’un frisson voluptueux et excessif.

Ton accablement qui t’était une conjoncture perpétuelle faite de journées épisodiques sans envie, avait évolué en une merveille distinguée et éblouissante, qui (nous tous qui t’avions jugé et pensé intarissable dans ton sort) nous a majestueusement remplis de gaieté et de félicité.

Tu aurais pu être beau, bon, béat, mais tu as préféré laisser ta chair et ton organisme se corrompre avec agglomération pour qu’ils se contaminent petit à petit pour putréfier le peu d’espoir qu’il te restait. Mais aucun de nous n’avait compris, que le relèvement de cette étape, te serait plus insaisissable, plus épatant, plus royal. Il te fallait toi l’homme sans chance, dégringoler dans la honte et le suppliant, pour escalader une montagne sur laquelle il était impossible de se hisser, sans bagages et sans préparation faite d’enseignements et d’instructions de cette vie indigne qui t’avait déçu.

Tu étais splendide, incroyable et magnifique, mais tout ceci, nous sommes bien obligés de le dire au présent, tant nous devons l’absolution devant cette démonstration capitale qu’est la richesse de te regarder gravir et franchir avec prouesse ces amoncellements de tristesse et de désolation que nous pensions à jamais être ta tombe.

Mais quoi que le monde t’offrait tu restais impossible à combler dans ta dépression et ton accablement, car il te fallait agoniser dans l’ignominie d’une vie, pour qu’ensuite nous t’entendions tous chantonner avec vivacité « qu’il était sublime de dévaler le cœur allégé ces montagnes » que tu avais eu tant de mal à monter.

À force de danse et de chorégraphie honteuse, où tu possédais un chagrin d’une douleur bouleversante et une solitude d’une amertume déliquescente tu as réussi à construire avec art, un ballet où la contredanse t’était devenue une loi pour enjamber avec farandole ton vécu fané. 

Tu es beau, tu es béat et cela tu ne le dois qu’à toi. 

17H48

Il avait sa main posée sur la mienne, du plus loin que je me souvienne je sentais cette odeur romanesque de fraîcheur et d’écume que le vent me portait aux narines alors que mes yeux ne pouvaient qu’admirer l’aventure qui s’offrait à mon corps tout juste développé dans ce règne qu’est la puberté. Il avait glissé sa griffe, à faible hauteur, à demi-voix, là où le bas pouvait être plus haut.

Un rien avait suffi pour que ma chair aussi fébrile soit-elle, devienne une dure et imprévisible tempête tumultueuse qu’il fallait secouer encore et davantage pour arriver à une avalanche d’eaux visqueuses impossible à arrêter. Était-il prêt à mourir pour moi, car je le voulais violent et meurtrier, je le souhaitais sans peine et sans douceur certaine pour que je puisse m’oublier.

Il avait sa main posée sur la mienne, mais j’espérais que ses poings cachés derrière ses caresses me soient fracassés contre le visage tout juste empli d’une fausse timidité humide. Je sentais cette odeur romanesque de fraîcheur et d’écume, mais l’effluve métallique du sang me paraissait plus intéressant que cette fraîcheur automatique. Il avait glissé sa griffe, à faible hauteur, à demi-voix, suffisamment bas pour que je devine une puissance immense, une partie de mon corps bien que d’habitude molle se retrouvait bétonnée, incassable et fortifiée d’hémoglobine que je voulais coulante et glorifiée. Une draconienne et imprévisible tempête tumultueuse venait d’imploser entre lui et moi, plus d’homme ou d’être, juste deux individus qui acceptent l’accentuation des veines qui enflent, plus d’humanité ou de personnalité, précisément deux humains endurcis des désirs les plus profonds qui malgré l’enfouissement devenaient explosifs et emplis de réalité. 

Il fallait secouer encore et davantage, oublier le confort d’une vie et ne plus aller dans une habitude certaine, il nous était dans l’obligation d’être dans la sévérité, dans la saignée des genoux abîmés et sanguinolents suite à des frottements que nos rôles voulaient violents et intensément hors de contrôle, ceci nous faisait exhaler de milles et une images qu’il nous faudrait mémoriser tant elles étaient belles d’une torture sage. 

Il n’avait plus sa main posée sur la mienne, je réussis à fixer la mienne sur son corps nu et étalé d’un acte qui venait de l’épuiser. Je l’avais installée sur son cœur pour sentir les palpitations d’une action ensanglantée qui venait de se terminer.

C’était un pontificat où la puberté ne devait pas régner, mais pris par des folies d’une image de couronnement lui et moi avons fini par nous enraciner sur un trône que très peu ne souhaitaient nous voler tant le sang leur faisait douter d’un plaisir jouissif possible en dominant sur ce type de royaume incertain. 

03H32

Être normal c’est accepter ses faiblesses, prendre le choix de les changer, de les modifier, de faire peut-être d’elles-mêmes des qualités qui par force de correction et de transformation varieraient nos atouts de charme. Se métamorphoser pour être validé est une hérésie tant elle est un mensonge que nous, nous faisons pour être ou devenir quelqu’un d’aimé par ses pairs. Mais nous ne devrions jamais nous rénover pour quelqu’un, s’altérer pour un point de vue, différer pour une illusion de quelque chose de mieux ou quelque chose de préférable.

Être ordinaire c’est entrer dans un moule dont personne ne connait avec certitude la forme.

Être compréhensible, c’est retirer ce qu’il y a de plus atypique en soi et le modeler pour que celui-là même devienne plus convenable au regard de tous. Être normal est inorganique, illogique et impersonnel, alors qu’être indéfinissable ou inclassable est unique et individuel.

Vous devriez militer pour être vous-même, lutter de tous vos poings pour que chaque aspect de votre sensibilité vous soit accepté tel qu’elle est, avec pour exclusive et exceptionnelle règle « tant que cela n’impacte ou ne blesse personne je dois rester entièrement moi ».
C’est un choix remarquable, une décision qui parfois a de lourdes conséquences, la plus courante est une solitude battante, mais vous aurez un avantage que peu de gens possèdent, une fois seul devant votre miroir il n’y aura plus de faux-semblants, et vous serez fier d’être votre reflet. 

Je ne suis pas banal, et ce n’est pas anecdotique de le dire, mais l’insignifiance est une insulte que je souhaite impossible à m’invectiver.  

20H07

C’étaient trois tentatives de suicide pour un trois zéro !

Trois ambitions pour un seul chaos, trois essais pour trois échecs réalisés avec brio. Il avait tâché d’attenter au peu qu’il était, mais à force d’attentats déjoués il comprit que le jeu qu’il campait était le mauvais. Ni la lame, ni la pilule et encore moins la noyade n’avaient réussi là où il savait que la défaite l’emmènerait loin de ces quelques incartades désavouées. 

C’étaient trois tentatives de suicide pour un trois zéro ! La dernière bien que remplie d’eau lui avait permis de reprendre un souffle nouveau après avoir découvert qu’en bas la lumière était plus belle vue d’en haut. Trois ambitions pour un seul chaos, trois échecs pour une esseulée raison. Vivre était alors l’unique solution. Mais quels jeux lui restait-il à interpréter ? Avait-il une autre manière de mener la guerre contre celui qu’il était, mais ne souhaitait plus devenir ?

Un, deux, trois, zéro, cela ne parait rien, mais quand on calcule le temps qu’il lui a fallu, à trancher cette énigmatique problématique  réalisée avec brio… on comprend la fatigue et le désir du renouveau. Le jeu qu’il campait était le mauvais, les divertissements asociaux ont souvent été les plus immoraux. Mais qui pouvait à présent l’accompagner dans un nouveau délassement dont il ne connait ni les règles et ni les gains que l’on peut remporter. 

Trois essais pour trois échecs concrétisés, et une solitude dont il maîtrisait plus que parfaitement les modalités pour l’escorter. Vivre était alors l’unique solution, mais comment demeurer lorsque que la mort était le seul but, qu’il s’était fixé depuis le moment où la pensée lui fit matérialiser qu’il était décalé, face à tous ceux qu’il n’osait aborder. Un, deux, trois, zéro, cela ne parait rien, mais ce rien était un tout qui lui faisait un mal insoutenable et qui ne le menait à rien.

Un, deux, trois, zéro, il prit le temps de retrouver son souffle et choisit un jeu de balle pour passer au second niveau. Un, deux, trois, on tire et le monde retourne à zéro. 

15H12

Tu n’as jamais été splendide, tu as été toujours l’éclat magnifique qui sublime l’harmonie de cette finesse qu’est notre couple.  Tu n’as jamais été joli, tu es séduisant, moi je n’étais qu’un appât attiré par un charme délicat perfectible d’un esthétisme agrémenté d’une brillance distinguée parmi ces inélégants hommes que formait cette foule immonde.

Dans le passé mon amour je t’avais dit que je ne t’aimerais jamais,

car je ne peux être qu’amoureux de cette pureté et de cette somptuosité. À mes yeux tu es le grand dans la gloire, tu es le prestige dans la noblesse, mais surtout le souverain d’un royaume sans prince, sans altesse, sans grâce, mais avec le resplendissement de ton être qui illumine mon cœur qui est ta province. 

Tu n’as jamais été splendide, tu as été toujours l’éclat magnifique, et être à tes côtés est un honneur et une haute fonction descente qui dans ma vertu solennelle est devenu un respect de moi-même que de te regarder sans retenue avec l’immense estime de me dire que jamais je n’aurais eu la chance d’être aussi bien accompagné que par toi-même.

À tes côtés j’ai oublié l’égoïsme et l’orgueil, mais la présomption et la suffisance ont été jetées avec les glorioles de ma morgue spirituelle. L’amour de soi est devenu une vergogne alors que l’amour de notre union est évolué en une superbe sans aucune ambition indigne, mais emplie de fierté. Tu n’as jamais été joli, tu es séduisant, moi je n’étais qu’un appât attiré par un charme délicat, ma frivolité était légende aux yeux de toutes ces âmes futiles et inconsistantes qui m’accompagnaient dans cette inutilité vide qu’était ce néant de vie que je menais.

En te tenant la main, j’ai compris que j’avais des capacités possibles avec un potentiel virtuel de pouvoir aimer avec intensité, force et efficacité. 

Tu n’es pas qu’un amour tu es une force, tu n’es pas qu’un compagnon tu es la nation de mon cœur, tu n’es pas mon homme tu es le glaive que je porte avec grandeur et emprise sur cet univers viril que je ne cesse énergiquement de vouloir comprendre avec une ténacité opiniâtre que tant me reconnaissent.À tes côtés j’ai oublié l’égoïsme et l’orgueil, mais j’ai appris la persévérance et la constance.

En te regardant dans les yeux, le courage est devenu mon principal trait de caractère et la résignation un vaste souvenir que je ne pourrai regarder qu’avec désolation et fierté de ne plus être cet être invalide sans passion d’une incompétence niaise. Tu n’as jamais été joli, tu es séduisant, et à tes côtés je ne cesserai de reproduire avec un souffle jeune, les mouvements de notre destin avec émotion et vitalité. Je t’amourerai d’une grâce essentielle et continuerai à nous conduire dans cette chaleur existentielle qui est notre bonheur providentiel. 

Tu n’as jamais été splendide, tu es imposant et majestueux, tu n’as jamais été joli, tu es noble et impressionnant. Dans le passé je t’ai dit que je ne pourrais jamais t’aimer, mais dans le présent et le futur je peux te garantir avec un aplomb titanesque que je ne renoncerai d’être amoureux de notre union gigantesque. 
Je t’amour