23h59

Il tua avant de mourir

Un geste franc destiné à s’éteindre

Un couteau dans l’intérêt d’en finir

Une seconde sans rien craindre

Il assassina pour la gloire

Le fit pour le combat

Le fit pour son histoire

Le fit pour son constat

Il avait décidé de tuer plutôt que de se voir mourir… mourir d’envie, s’évanouir d’une vie qu’il ne put avoir, décéder d’un amour qu’il avait eu mais qu’il ne verrait plus, disparaître d’une mort prompte et désastreuse. 

Il se tua, car voir la mort venir lentement lui était insoutenable. Prendre la décision de ne pas agoniser mais de décapiter son avenir n’était pas une résolution simple, pourtant il le fit avec joie et soulagement. 

Tuer plutôt que de mourir, c’était devenir une destinée plutôt qu’un avenir. Achever son corps avant de faner, effacer sa vie prématurément avant de se fatiguer, voilà quelles étaient ses dernières volontés. 

Quoi de plus beau que de regarder un homme avec une telle ténacité, quoi de plus émouvant que de constater la misère d’une destinée. Le courage a cela de gracieux qu’il peut mener à une mort cérébrale et physique en une seconde fatale, mais cela est fait avec délice et un sans-gêne radieux. Le courage est aussi mortel qu’immortel, mortel quand l’homme prend la mauvaise décision, immortel dans sa fonction. Il y aura toujours des faibles et des courageux, la limite se fixant à celle que l’on se donne. 

Il se tua et mourut, mais tuer c’est prendre une décision, tandis que mourir c’est attendre une collision avec l’indécision du hasard de sa vocation. Ereinté par la vision des éventualités hasardeuses, monsieur appuya sur le bouton de la malice chapardeuse.

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