08H08

La milice avait une arme que sa larme dĂ©finissait avec vacarme, les fortifiĂ©s bien que chargĂ©s de cartouches ne tiraient que des verbes violents d’une insouciance hilarante. Nous les saisissions tous ces tirs hallucinĂ©s par des hommes et des femmes loin de tout regret, nous les sentions ces vibrations emplies de tumultes et d’irrĂ©alitĂ© palpable pour la moindre Ăąme existante. 

Lui Ă©tait lĂ , seul face Ă  tous, face Ă  ces boules de feux instables, face Ă  ces tirs insoutenables. Aucune dĂ©fense ne lui Ă©tait possible tant il ne possĂ©dait pas les moyens de se protĂ©ger. Pas de gilet pare-balles, pas d’armement de rĂ©sistance, pas de casque pour ne rien entendre. Une nouvelle fois il Ă©tait dĂ©militarisĂ© devant toutes ces Ăąmes qui ne renonçaient Ă  tirer Ă  vision dĂ©gagĂ©e. 

Comment se prĂ©server si ce n’est de prĂ©voir et de porter en permanence une bombe sur soi ? se ceinturer d’explosifs prĂȘts Ă  Ă©clater Ă  chaque instant que le monde ne cesse de lui faire regretter. 

La milice avait une arme que sa larme dĂ©finissait avec vacarme, pris par les tumultes de l’authenticitĂ© il choisit de plutĂŽt se protĂ©ger. Mais se sauvegarder avec le peu de moyens qu’il possĂ©dait Ă©tait une chose impossible voir emplie d’irrĂ©alitĂ©. 

Alors que faire ? Comment adopter le soin d’aller mieux quand rien n’est envisageable sauf l’invraisemblable ? Nous les sentions ces vibrations envahies d’effervescence et d’onirisme palpable pour la moindre Ăąme existante. Mais avions-nous compris que ce petit bout de rien avait rejoint les limites qu’un rien ne pouvait atteindre? Tout Ă©voluait mal jusqu’Ă  ce cliquetis que le prĂ©cĂ©dent tir avait dĂ©clenchĂ© dans son cerveau dĂ©formĂ© par la violence des actes passĂ©s. Pas de gilet pare-balles, pas d’armement de rĂ©sistance, pas de casque pour ne rien entendre, mais une solution radicale pour ne plus supporter, respirer et apprĂ©hender. 

Minuscule portion de rien Ă©tait finalement un grand morceau de quelque chose quand une derniĂšre dĂ©sintĂ©gration se fit ressentir sur tous. Il n’était rien, ou personne, mais ce jour-la, les paroles qui lui Ă©taient destinĂ©es, il les a transformĂ©es en une uniforme masse Ă©clatĂ©e au visage de tous. Il venait avec ce bruit immense, bien qu’il ne pouvait parler, d’imposer un silence aprĂšs une tempĂȘte que le reste du monde aurait dĂ» voir arriver. 

Nous les sentions ces vibrations emplies de tumultes et d’irrĂ©alitĂ© tangible, mais nous n’avions su palper le revers que nous devrions payer. 

Lui Ă©tait Ă  nouveau prĂ©sent, seul face Ă  tous, face Ă  ces boules de feux instables, face Ă  ces tirs insoutenables. Se protĂ©ger Ă©tait impossible, dĂ©truire et anĂ©antir Ă©tait l’unique option envisagĂ©e et concevable. DĂ©molir pour mieux reconstruire Ă©tait un mantra, quitte Ă  lui-mĂȘme ĂȘtre dĂ©vastĂ© par cet acte dĂ©sespĂ©rĂ© que les autre n’analysaient pas. Nous les saisissions tous ces tirs hallucinĂ©s par des hommes et des femmes loin de tout regret et lui avait compris comment tout ceci pouvait cesser. 

Minuscule portion de rien était finalement un millier de grands morceaux de quelque chose éparpillé ici et là, parmi les dissemblables énormes fragments de tout qui était pour en finir un million de petits lambeaux de rien à présent. 

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