00H18

À cœur ouvert, j’ai la veine à découvert.
À coups de crosse dans les gencives, je me perds dans tes dérives, je ne me sens plus de vivre dans vos pensées, vous les véhémentes que je n’ai pas voulue aimer.
Comme ils pensent !
Trop de « je pense donc je suis »,
Trop de « pour les autres »,
Je ne vis plus je survis,
Je dis trop « pour les vôtres ».

Je crois avoir la vérité juste, mais la justice n’est pas la justification du justifiable, ce n’est pas moi qui ai la raison, ce n’est pas moi qui réponds aux questions ! Non, c’est nous qui vivons vos regards hébétés, c’est nous qui traumatisons nos neurones avec vos « je dis, donc je sais ». Alors il est temps que les petites bouches violées par des vingt centimètres parle et vous dise nos survies, il est temps de montrer les dents, que la corde à pendre se transforme en corde vocale. Il est temps qu’on hurle à la figure, il est temps qu’on montre ma réalité.

Il est temps que vous changiez vos regrets pour nos regrets.

® Texte écrit le jour de mes 18 ans, il y a 11 ans et 23 jours. Il n’est pas bon, mais il a les paroles et l’innocence d’un jeune con.

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06H01

L’attention d’une tension…

Je suis ton objet, le temps d’une nuit, ni plus ni moins, fais de moi ce que tu veux, prends-moi dans tous les sens, fais-moi brûler mes sens, vas-y à coups de hanches. Ne me juge pas sur ce que je laisse paraître, je ne suis que ton reflet. Prends-moi par les hanches, emmène-moi loin de tout ça.

J’ai mon corps qui transpire, des gouttes qui coulent le long de mon visage, elles glissent lentement et atteignent mes fesses tout juste découvertes. Je suis là, étendu sur le sable chaud et mon torse brille de toute cette ardeur qui envahit ma personne. Je glisse un de mes doigts, lentement, puis un autre, pour arriver à la jouissance insolente, je t’attends toi.

S’il te plait, regarde-moi, fais de moi un roi, prends-moi par la main, dis-moi qu’il n’y a que moi ici-bas, fais-moi rêver, dis-moi que je suis celui que tu attendais, dis-moi que je suis ta destinée, fais-moi enivrer tes pensées.

 J’ai besoin de toi là où je suis, j’ai besoin de ta force, de tes bras en moi, porte-moi dans un autre monde, fais de moi ta joie. Prends-moi contre ce mur et rappelle-moi que je suis en vie, prends-moi contre ce ravin, et rappelle-moi mon destin …

Intoxique-moi, baise-moi, déteste-moi, viole-moi, prends-moi, suce-moi, rappelle-moi que je suis là, oui bien là, en vie contre toi. Mange-moi à coups de poing, prends-moi à coups de fraise chantilly, je te veux dans un désir noir et intense, fais-moi crier jusqu’au bout de la nuit, fais péter un câble à ta ville sous les hurlements de ma jouissance …

Je suis toi, le temps d’un moment qui n’appartient qu’à moi … Save me from myself, un ange qui n’a d’angélique que le visage, le reste est diabolique et rempli de violence intense, je ne suis moi qu’à travers une image que je me suis créée pour que personne ne puisse douter de ce que je suis, j’aime à faire croire que je ne suis qu’un autre.

À coups d’héroïne, je me surprends à me dire que la cocaïne me permettrait de croire que je suis à l’extase d’une vie trop héroïque, pour être réalisable, sous peine d’être déraisonnable …

Le côté noir d’un ange blanc, le côté blanc d’un homme noir.

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06H38

La vie continuera, malgré les coups que tu me donneras. Je continuerai de regarder droit devant, je le ferai la nuit ou au soleil levant, rien ne m’arrêtera, rien ne me stoppera, car la vie tu sais, aussi laide soit-elle, elle m’a fait avec une âme humaine.

Il y en aura d’autres, des hommes comme toi, d’autres qui profiteront de moi, mais je ne leur en voudrai pas, je ne suis pas de ces gens-là, je ne mange pas de ce pain-là. Rien de ce monde ne me fera tomber aussi bas. Et puis ces hommes ne sont pas de grands hommes, ce sont des individus sans être des bonhommes, ce sont des garçons au lieu d’être des bonshommes.

Le sapiens est un chien, il va au maximum être là, à hauteur du rectum, mais fera croire qu’on le surnomme « surhomme » alors qu’il n’est que le cabot d’un clébard que même la Gestapo ne souhaiterait pas comme excrétoire. La vie est ainsi, faite de pavés jetés contre les inassouvis. La vie continuera contre tout, contre toi, contre moi.

Même avec un fusil contre la tempe, je marcherai contre toute attente, car on attente pas à ma vie sans subir une attaque éclatante de combattant, prêt à être dans l’éclat épatant de décadence extravagante.

La vie continuera, malgré la violence qu’elle m’offrira, car tout ce que tu penses être une malchance est un cadeau pour être un meilleur moi.

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16H30

Le temps s’était suspendu, juste le temps d’un temps,

Il n’avait rien d’important ou de distendu,

Juste une évaporation de sentiments le temps d’un moment,

Mon cœur était vivant sous un sous-entendu de substitut.

Les palpitations se faisaient sans raison, sans crier gare me voilà avec de la passion, me voilà avec de l’envie, l’envie d’aimer et d’être aimé, l’envie de folie passionnelle, sans raison et sans relationnel.

Me voilà dans la folie de la vie, celle qui tue faute de survie, celle qui assassine avec peine et envie. me voilà dans la mélancolie, mélancolie de quelque chose que je n’ai jamais connu ni entendu dans ce monde démoli par une symphonie de cacophonies.

Je pénètre dans l’inattendu, dans le persistant, dans la laideur des faubourgs de l’amour, je fais irruption dans les aberrations de l’attachement, de la piété, de l’inclination, de l’intrigue, de la faiblesse, de l’attraction, du sentiment et de l’union.

Me voici au cœur du cœur, celui qui vous nomme les concupiscences, celui qui cherche la cupidité de l’appétence, celui qui coule à la perte avec les aversions de la tentation.

Je suis perdu, perdu d’accouplement, perdu d’adultère, perdu de fleurette et d’amourette, incurable de lascivité, irréparable de volupté, mourant d’existence.

J’aime, mais je ne peux m’empêcher de détester cette impression de manque de censure sur mes pensées.

J’aime mais je déteste aimer, car l’amour me rappelle le quadrillage de ma vie passée et le fait que je ne puisse employer ce verbe au passé.

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00H59

Tu n’as regardé que la cambrure, qui s’offrait à tes yeux par mésaventure, tu as observé le cintrage de ce corps sans demi-mesure, imaginé que tu y plongerais les yeux baissés, sans censure. Tu as examiné ces deux pommes que formaient mes fesses en face de toi, les as dégustées avec allégresse et sans rassasiement courtois. Tu as plongé ton corps entier dans un vaste projet, qui est de conquérir la sensualité. Tout ceci en oubliant la sagesse de ta joie, qui était si dure et palpable à ce moment-là. 

La gaieté de tes muscles laissait une odeur de lubricité exotique à mes côtés, tes mains si rudes, si fermes, si abruptes ont assujetti mes hanches concaves et ma croupe galbée pour un acte endurci et résistant à toute insatisfaction de sybaritisme lascive. Tu as examiné la douceur de ma peau, tout en contemplant la suavité de mes os si présents et puissants. Ma personne t’était un cadeau, une offrande, et dans des situations comme celles-ci, on ne remarque rien d’autre que ce constat de satisfaction voluptueuse et jouissive. Tu n’as regardé que la cambrure qui s’offrait à tes yeux, c’était comme une peinture, tu as scruté chaque centimètre carré de cette caricature qu’était le corps qui t’était mis en investiture. Tu as imaginé que tu y plongerais les yeux baissés, mais pas noté que mes yeux ne regardaient que la tapisserie qui nous entourait. Ta vue s’éblouissait seule sur la matière qui se tenait en face de toi, car d’humain, je n’avais que le son de ma respiration pour te le prouver. Tu as contemplé pendant que je dévisageais, tu as considéré alors que moi, je me contentais d’envisager et tu as touché alors qu’il fallait seulement s’y intéresser. Tu n’as que pollué en souillant comme les autres ma cambrure, tu as porté atteinte à mon échancrure, outragé abusivement avec violence cette monture que j’étais, et tu as galopé sans intérêt et sans t’arrêter avec profanation et dictature. Tu n’as regardé que la cambrure qui s’offrait à tes yeux, mais n’as pas remarqué que mon regard quémandait une aventure sans idées déplacées. La gaieté de tes muscles a craquelé ce bas de dos cambré sans que cela t’offusque, car tu voyais et entendais mais surtout ne voulais pas écouter, au risque de frustrer ton envie robuste. 

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12H48

C’était inefficace, j’avais beau regarder en face de moi, je ne voyais que l’infructueux, l’inutile ou pire, l’infécond. Mes yeux écarquillés par la drogue et l’alcool me rendaient mélancolique d’une stérilité d’imagination. Je ne voyais pas d’issue, pas d’exutoire ni de déversoir. Rien !! Il n’y avait rien !! Rien que ma foutue solitude et mes narcotiques pour alléger mes tics psychotiques.

L’insignifiance de ma personne était une frivolité chimérique aux yeux de tous,  on ne me regardait pas, on jetait un œil de temps à autre pour vomir sans consistance le fondement sans importance et sans conséquence de ma déchéance physique.

J’avais à peine honte mais les autres avaient des remords du passé, réfléchissaient au repenti sans y croire, il y avait du déshonneur dans leurs pupilles, de l’humiliation dans leur accointance à une personne, comme un déchet sans effet et sans motif qu’il y avait en face de leurs orgueils glorieux d’une fausse présomption de supériorité, face à celui qui avait tout loupé. Je pouvais être dans la turpitude ou l’abjection mais même tout ceci, ainsi que l’ignominie étaient loin derrière, cachées avec la pudeur, la réserve et la retenue. Quand on est en bas on voit mieux ce qu’il se passe en haut, n’est-ce pas ? La vue y est plus panoramique, le spectacle a un aspect de perspective conceptuelle pornographique. On admire les autres, ceux qui ont réussi, qui sont dans l’opulence du paraître, ceux qui habillent leurs corps et leurs sentiments de mensonges soyeux, l’élégance de leur chair n’est plus à faire. Ils transpirent le chic, sont vêtus d’apparat et de débauche, ils sont dans le monde, celui qui roule, qui fonce, qui court tandis que les autres regardent une nouvelle fois avec la rétine écartelée de ne pouvoir réussir une seule phase de leur destinée. Ils ouvrent leur vue démesurément pour admirer ce qu’ils n’auront jamais, se débrident les paupières pour défaire et déplier la vérité. Mais à trop vouloir entrouvrir leurs prunelles, ils comprennent qu’ils ne pourront jamais parcourir la grandeur d’une vie sans souffrir de cette vérité pourrie par la réalité.

Puisque le réel pour eux est bien matérialisé par l’avarie de vie telle qu’elle est définie en philosophie, plus de plaisirs, plus de joie, d’amour ou de soi, il n’y a que la décomposition putréfiée de leur corps et de leurs pensées. c’est infect, ça pue, ça contamine la vue des autres, mais ça soulage de se dire qu’ils ne sont pas comme ces dépravés détériorés de la société.

C’était inopérant, j’avais beau regarder en face de moi, je ne voyais que l’infructueux, l’inutile ou pire l’infécond. Il ne me reste qu’une nouvelle fois à écarquiller mes yeux avec de la drogue et un verre d’alcool pour, une fois égorgée la mélancolie, inviter la survie à me conseiller sur mes choix obscurcis et assourdis qu’il fallait à tout prix ne jamais réitérer.

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22H33

Peut-être suis-je devenu fou ?

La vie est devenue si triste, si irréelle, si incontrôlable. La vie est devenue si laide , si laide que je ne peux la regarder en face, si atroce que mes yeux s’abîment à voir ce qu’il s’y passe. J’ai honte de ce que je suis devenu, honte de ma façon de voir le monde, honte de pleurer quand ma vie ne tourne pas rond, honte de mon égoïsme, de mon mensonge permanent, de cette vie qu’il a fallu que je m’invente pour me sentir vivre et puissant aux yeux des gens. Mon dieu que suis-je devenu ? Qui suis-je à la base ?

Je ne me reconnais même pas, je ne sais distinguer le faux du vrai.

Je suis un tissu de mensonges. Oh mon monde, si je pouvais je te referais, ou te détruirais pour mieux te reconstruire, je te ferais beau et vivable, je te ferais vrai et contrôlable, je te ferais un peu moins malade et un peu plus intelligent, je te laisserais des défauts mais pas de croyances religieuses, je te ferais à l’image de la vie et non de la haine, je te ferais comme si j’étais en train de faire mon propre enfant, comme si j’étais la reine mère de toute cette vie, je te ferais comme une hirondelle fait son nid.

Oui ma laide personne, je voudrais tant te détruire pour mieux te reconstruire, mais malheureusement ce n’est pas possible. Non pas possible du tout, parce que la vie est une belle moche, que notre existence est une bien atroce et malpropre.

Oui ma vie je te déteste, et ça n’ira pas en s’arrangeant.

 

PS: Texte vintage car datant de 2007

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15H29

Faire de moi une icône, me positionner au-dessus de tout, exécuter le détrône et être l’époux du dégoût. La divinité-religion devient un esprit de génie, qui dans une grâce profonde passe de la personne à l’être créateur, puis l’éternel se proclame juge et maître d’un père seigneur de démiurge. Mais la déité n’est que l’idole de ces déesses. Être une icône, c’est faire une métempsycose de soi, pour devenir l’hypnose d’une représentation vide d’un avenir polychrome. Je suis l’icône d’une nymphe divine, qui dans son règne n’a que des ondines pour la rendre Vénus, dans un monde de chrysalides intellectuelles.

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05H26

Je me rappelle de toi, de ta peau, ton corps, ton odeur, ta douceur, ta voix grave, ta transpiration, tes cheveux et l’odeur de blé qui s’en dégageait. Je me rappelle de tout et de rien en même temps, je me rappelle de nos bras enlacés et les mille-et-un baisers que tu me faisais dans le cou pour soulager mes pensées. Je me rappelle ton odeur, une senteur de musc et de vanille, deux parfums que tu adorais mélanger, mais dont tu taisais la provenance pour que personne ne puisse te copier. Je me rappelle de tout, je te le promets. Je n’ai rien oublié… Comment pourrais-je oublier le premier, l’unique, le seul, celui qui a gravi les échelons pour mériter et retirer ma si belle et douce virginité ? Je me rappelle de toi, de ta peau, de ton corps, de ton odeur, de ta douceur, mais surtout de ta voix grave, si grave mais si rassurante, tellement rassurante…. Peut-être trop rassurante. Je me rappelle de tout et de rien en même temps, mais le rivage des images sera à jamais là pour me le rappeler.

Tu étais si beau que mes yeux ne pouvaient te regarder, tu étais si fort que ma peau ne pouvait te résister, tu étais si envoûtant que même mon cerveau n’avait compris ce qu’il se passait. Je n’ai rien oublié, tu sais, et comment foutu dieu le pourrais-je ?

Je devenais ta gloire, ton numéro, ton nouveau, ta proie, ta maladie, ton combat et la force de ta contagion que tu voulais puissante et mortelle. Je me rappelle de toi, de ta peau, de ton corps, de ton odeur, de ta douceur, de ta voix grave et de tes mots qui détruiront à jamais mes espoirs d’une vie simple en bonne santé. Tu étais si envoûtant que je n’avais même pas vu les prémices du virus redoutable que tu portais, avec la joie d’un enfant jouant avec des jeux dangereux en toussant des glaires noirâtres qui sortent d’un corps si juvénile et rassurant. Je me rappelle de toi, de tes yeux, tu avais porté des lentilles pour pouvoir mieux déserter face à l’infection, ton iris avait la couleur de l’abandon et la lourdeur de l’indisposition.

Tu te pensais pupille de la nation, mais tu n’avais que ta cornée pour voir la vraie réalité de la lâcheté de ton état physique.

Croire en toi, croire au corps ciliaire et à l’humeur aqueuse que cela provoque, te tenir au ligament suspenseur pour croire au regard que l’on pose sur les autres et sur toi. Tu as joué avec mes nerfs dans l’optique d’oublier le trouble palpable de ta souffrance mentale et organique.

Tu te pensais doté d’un fort physique, mais en réalité le psychologique abattait seconde après seconde ton mal, ton irréel alité, ta fausse patraque et ton dérèglement dérangé. Tu étais fou d’une maniaquerie à la limite du monstre colossal qui était véridiquement en toi et qui t’empoisonnait larmes après pleurs d’une vie que tu te savais maladive et corruptible. En réalité mon ami, tu t’es tué de la seule maladie que tu avais, et qui était prodigieusement érotomane et cynique, la folie d’être sans limite dans tes actes excessivement extrêmes d’une immodération outrageante.

Tu étais un diable qui avait une lentille de camera à la place des yeux, tu étais un narrateur de ton passé et un réalisateur du futur des autres.

Tu as fait de notre moment magique un film macabre visible de tous. Et tu as ri de ma gloire lugubre, tu as ri de ce script usurpé d’un écrivain baigné dans la luxure. Tu avais porté des lentilles pour pouvoir mieux déserter face à l’infection, mon iris aujourd’hui a une couleur inhospitalière et la lourdeur de ton acte sur mon cœur. Mais aujourd’hui je suis vivant, pendant que ton corps immoral et infect se décompose dans la fosse commune des oubliés de la société des faux intellects. Toi, tu as trépassé sans savoir que ton virus ne m’aura jamais attaqué. Je devais être ta gloire, ton numéro, ton nouveau, ta proie, ta maladie, ton combat et la force de ta contagion que tu voulais puissante et mortelle, mais le destin en aura choisi autrement en m’offrant une chance alors qu’il te donna la malédiction. Je suis vivant pendant que ton cadavre croupit dans l’humus des gisants. Tu étais le premier, celui qui allait prendre ma virginité, mais plongé dans la présomption de tes actes passés, tu as oublié que le destin pouvait lui aussi se charger de ceux qui sont sans regrets.

La conclusion n’avait jamais eu de solution, la terminaison était limitée par des destructions, mais l’exécution fut une ode à sa péroraison.

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00H08

J’avais transpercé son âme, pris chacune de ses étoiles pour les envahir de ma haine.

Je jubilais de m’infiltrer dans son corps pour y enfoncer chacune de mes fureurs, je joue et jouis encore et encore en y faufilant des petite paroles transcendantes de brisement psychologique. J’éjacule mes doctrines pour affaiblir ce demi-mondain faible et androgyne.

Je suis raide de l’étouffer de ma verge, une fièvre profonde lui explose chacune de ses petites lèvres. La domination se compte aux veines qui sont amplement palpables sur cette turgescence qui ne cesse d’être en construction pour mieux détruire ce garçon sans reconnaissance.

L’envie intense de faire de mon phallus une désagrégation de son anatomie évolue vers une ambition de bastonnade virile entre organismes cravachés par des cupidités saignantes et marquantes.

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00H00

Cette nuit j’ai pleuré, pourquoi ? Je ne sais même pas, ou je préfère ne pas savoir, j’ai regardé la télé toute la nuit, je me suis crevé les yeux et les tympans à écouter une rediffusion du discours d’Obama, je me suis revu il n’y a pas longtemps, enfin il n’y a pas si longtemps… Je devrais être heureux, mais je ne le suis pas, je ne sais pas, je ne me sens pas en confiance, j’ai l’impression qu’il y a un truc, je ne sais pas quoi, ça me fait froid dans le dos, même dans les veines, en fait je suis en train de perdre mon identité, j’ai déjà perdu mon accent qui m’était si cher,  oui tout commence, je me féminise de plus en plus, la seule chose qui reste, c’est mon mal-être, ce mal-être qu’à force de sourire et de jouer un rôle dans la comédie de la vie on oublie, oui j’oublie que je ne suis pas bien et je me persuade que je suis ce jeune homme grand et souriant qui a la pêche, ce grand gars qui se coiffe bizarrement, qui a une tête déformée et des yeux mal dessinés, mais qu’à force de regarder on trouve charmant, oui ça je ne pourrai jamais le changer, je ne supporte tellement pas qu’on me critique pour ma mauvaise humeur ou mon manque de sourire, donc je joue, je fais l’homme qui va bien et qui n’a pas de problèmes, je fais comme si je n’avais jamais été violé, j’oublie toutes ces années de torture ou plutôt je fais semblant de les oublier car elles sont là, elles sont tracées sur moi, j’en ai les marques,  physiques et psychologiques, il suffit de lever un peu brusquement la main et je me mets à trembler, il suffit de me toucher un peu trop et je me glace, toutes ces réactions que personne ne peut comprendre !    

En fait c’est ça qui me détruit, oui c’est ça, car j’aimerais tant que l’on me prenne dans les bras sans que je pense au reste, j’aimerais tant regarder une personne dans les yeux sans me dire que on ne devrait pas me regarder tellement mon intérieur est laid, oui il est laid de honte, honte d’avoir fait le trottoir, honte de la drogue et de ses effets, honte des conséquences que je paye aujourd’hui.

Et puis il y a cette impression d’amour inexistant, comme si jamais je ne pouvais être aimé, comme si jamais on ne pourrait m’aimer, comme si jamais je ne pouvais être désiré pour mon intérieur et non pour mon extérieur, ça me fait mal, ça me ronge, ça attaque chaque cellule de mon corps, oui chaque millimètre de mon corps est brûlé par ce manque d’amour, cet amour que je n’ai jamais eu, ce manque d’affection immense, cet amour chaotique, ce sentiment de néant, cette rage et cette haine permanente !

Voilà mon problème, voilà ce que je suis, un garçon en manque de « je t’aime » et de cajoleries, un petit bonhomme qui ne connait pas les compliments sans arrière-pensée ou sans compensation,  je suis cet adulte enfantin, ce semblant d’homme qui n’en n’est pas tant un, je suis ce corps immense qui par sa taille mesure sa perte de sentiments, qui par sa grandeur comprend sa laideur affective, je suis ce mec mal proportionné, qui à force d’être battu n’a plus la force de se battre !

Je ne sais pas si je devrais encore croire en la vie, je ne sais pas si l’espoir devrait être partie remise une nouvelle fois, je ne sais pas si un jour mes rêves d’enfant attardé se réaliseront.

J’ai encore envie de pleurer mais je n’ai plus la force de pleurer, je ne pleure que quelques secondes, je ne sais même pas pourquoi, probablement parce que je n’ai jamais eu le droit de pleurer, probablement parce que mes pleurs sont toujours calculés, ces gouttes ne viennent que parce que je ne peux plus les retenir, parce qu’elles sont toujours présentes mais je les garde autant que je le peux, je les conserve dans leur écrin, comme des perles précieuses, je ne les dévoile jamais, par peur de ne pas être compris, par peur de la peur ! Mais quand j’ouvre cette bijouterie ça brille de mille feux, ça coule pendant des secondes entières, quelques secondes de répit que je m’autorise, quelques secondes où je me remets en question et me redis que même dans ces moments-là il n’y a que la solitude pour m’accompagner. Et là ces perles et ces pierres précieuses coulent, elles coulent lentement sur mes joues pour retourner dans mon corps, car elles finissent toujours sur mes lèvres, puis j’essuie le tout avec mes mains pour que rien ne paraisse, pour que rien ne se voie, pour que personne ne se doute de ce mal-être permanent, juste parce que les gens n’aiment pas se soucier de la douleur des autres par peur d’incompréhension !

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14H50

C’est à l’intérieur de la peau, ça ronge, attaque l’organisme avec peine, il y a le physique qui se tourmente, l’anatomie qui est en déchirement complet, la souffrance est en masse dans un ensemble altéré par l’amertume. J’ai mal, ça m’arrache le cœur de manière effrayante, j’ai mal, la terreur est affreuse, elle absorbe mes pensées, mes jugements, mes critiques, elle grignote tout, mais elle me laisse la tragédie redoutable du danger, celle qui inquiète, menace et aggrave l’infernale massacrante réalité.

J’ai mal, périlleusement mal, c’est à l’intérieur de ma peau, la douleur est lacérante d’exécration, ça me répugne de discorde solitaire.

J’ai mal, monstrueusement mal, ma chair m’angoisse, le désir de décoller avec minutie chaque millimètre de l’épiderme avec un cutter rouillé par le passé m’enthousiasme avec ferveur. J’insiste, j’ai mal, extraordinairement mal, la dépouille de mon corps m’impatiente,  le chagrin m’a décomposé chaque organe utile, je suis en putréfaction sentimentale. J’ai mal, vertigineusement mal, je vous avais pourtant prévenu mon amour qu’il ne fallait pas me faire chuter de dix étages comme cela. Je vous avais dit que je devais être à empoigner gentiment, je vous avais prémuni que j’étais une fleur fanée par la réalité mais qui pouvait éclore une nouvelle fois à vos cotés.

Sainte-Mère de Dieu je vous avais informé sur la condition de bien me protéger du vent et de la triste destinée qui m’était infligée. Je vous avais alerté sur la volatile âme que j’avais. Mais à mon grand malheur et ma grande désolation, vous avez avec violence entamé le dernier quart-d’heure du quart de cœur qu’il me restait, je me consume de votre irrespect, de votre inconvenance et de votre impertinence. J’ai mal, grossièrement mal, passionnellement mal. Je suis à présent fermement éprouvé,  vous m’avez avec préjudice et perte, fracassé contre ma contemplation. À cause de vous je dois avorter notre amour, je dois assassiner notre intrigue, notre amourette, oui bien mal vous en fasse je dois assassiner notre idylle comme vous avez dépouillé en matière la tendre adoration que je vous portais.

J’ai mal, une nouvelle fois mal, une dernière fois mal, une irrécusable fois mal,  je vous aimais mon amour, je vous idolâtrais mon trésor, vous admirais sans limite, c’est certainement pour cela que l’irrévocable arrêt et si empli de chagrin et de deuil,  je vous aimais mon parangon, je vous aimais, mais j’ai mal, trop mal… finalement juste mal d’être mal d’avoir mal aimé et m’être fait mal aimé d’un mâle qui je savais me ferait du mal. 

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17H16

Caresser ta chair, pour effleurer les anatomies les plus intimes de ton organisme. 

Il y a un désir de frôler la masse pour savourer l’organe, qui avec délectation nous soumet à la tentation de l’association de corps. 

Ciseler chacun de tes membres, pour en obtenir l’adoucissement dur que nous méritons ensemble, il nous faut limer la matière, pour en obtenir la perfection de la corporation profonde. 

Aimer le défi déviant, pour polir sans retenue la substance élémentaire d’une semence rudimentaire. 

J’ai aimé ingurgiter chaque larme, chaque globule, chaque cellule, mais surtout ingérer avec dévotion tous les germes que tu me laissais engloutir, humer, happer, dévorer avec la plus grande ferveur que tu méritais. 

Car admettre c’est soumettre et soumettre c’est être. 

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15H48

Pleure, Pleure petit bipède, pleure car l’heure est à la profondeur de la rigueur puritaine. 

Fanent, fanent tes pensées, coulent tes peurs, elle sont condensées, elles sont rumeurs. 

Tombe, tombe ton masque, montre la vérité, il est fantasque, elle est méritée. Rien ne sert de montrer ce que l’on est, le fond est toujours en soi, la vérité est toujours gravée en laissant des gravats. 

Sanglote, sanglote grand mortel, sanglote puisqu’il est temps d’alléger la lourdeur irrationnelle.

Flétrissent, flétrissent tes lucidités, dégoulinent tes lâchetés, elles sont ton essence, elles sont effervescence. 

Dégringole, dégringole le déguisement, cache le mensonge, il est étrange, il est ton songe. La futilité est de supposer qu’un mirage peut remplacer l’image, l’évidence est que la sincérité peut se dépeindre sur un visage.  

Lamente-toi, lamente-toi, tu es la mante de ton toi, tu toises la démente toi la véhémente, celle qu’on alimente  ou qu’on segmente. 

Dépérissent, dépérissent tes projets, submerge tes anxiétés, ils sont l’abrogation, elles sont tes confusions. 

Cesse, cesse l’accoutrement, dénude la sincérité, il est changeant, elle est dignité. L’imminente intelligence est d’être l’exacte opposée de son impatience et de son ingratitude. 

La Terre est ronde, le monde est carré, l’héritage est immonde, l’humanité est désencadrée.

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