20H18

C’est Ă  l’intĂ©rieur du corps, ça traverse la chair comme une toxine, perce chaque anatomie pour pĂ©nĂ©trer dans la masse et y injecter son venin. C’est en profondeur dans les organes les plus utiles, ça perfore le larynx sans saignement puis franchit la veine jugulaire. C’est interne
 Ça ne fait pas de bruit, le silence est paisible mais le bourdonnement assourdissant.  L’envahissement courtois commence Ă  faire mal, on sent le dĂ©chirement du poumon droit
 puis du gauche, la souffrance est intense, le virus est rapide puis le combat nous fatigue. Et lĂ , d’un coup, sans civilisation ni comprĂ©hension, on sent une crampe dans tous les muscles, le cƓur s’amertume de tant de cyanure mĂ©taphysique, l’estomac s’imbibe d’arsenic psychologique, l’intestin sans retenue, sans s’émouvoir, se dĂ©compose et irradie le peu qui vous restait. Les dommages sont profonds, intimes, secrets, le prĂ©judice consterne et vous dĂ©sespĂšre. Pourtant l’idolĂątrie des sentiments vous avait prouvĂ© la radiation qu’il exĂ©cutait. Mais aimer c’est pur, c’est simple, c’est indispensable, alors vous avez aimĂ© jusqu’Ă  placer l’autre au-dessus de votre destinĂ©e. Aimer c’est dĂ©poser avec dĂ©licatesse et sans fiertĂ© son cƓur dans les mains de celui qui vous est destinĂ©. Vous le posez sans regret en acceptant le malencontreux accident de dix Ă©tages de vos sentiments. 

Ça chute, c’est long, c’est sourd mais vous voyez le scĂšne au ralenti, regardez sous diffĂ©rents angles, analysez, rembobinez, cherchez le moindre dĂ©tail qui pourrait laisser croire que c’est un effet spĂ©cial en trois dimensions. Puis vous finissez par comprendre que le cƓur ne pourra qu’arriver brisĂ© sur ce goudron, chauffĂ© par la chaleur de cet Ă©tĂ© torride et embrasĂ©. Foutu dieu que c’est atroce, c’est horrible, vous voyez la scĂšne, elle est belle d’atrocitĂ©, vous la voyez mais ne pouvez rien faire, rien dire, juste accepter que l’on fasse cela avec vos pensĂ©es. Vos yeux s’injectent de sang, vous ne pouvez que regretter, mais regretter c’est inutile car il est trop tard, alors on regarde et regarde, ce petit cƓur explosĂ© et sanglant. Il bat encore, c’est beau, mais plus il bat et plus le sang en ressort, le soleil le rĂ©chauffe, mais en le rĂ©chauffant il accĂ©lĂšre la dĂ©composition, car vous pourrissez de l’intĂ©rieur. Pourquoi ? Comment peut-on continuer d’aimer ? A quoi ça sert, si ce n’est Ă  se faire empaler sur ses regrets, pour ensuite finir dĂ©pecĂ© de la plus belle chose qui puisse exister ? Peut-ĂȘtre pour l’espoir, pour la vie, pour l’existence…

Je vous hais en surface, mais dans le fond, je vous aime d’un amour horriblement laid.

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