Bonjour Jeremy,

Il se fait longtemps que je ne vous ai pas parlé, pour vous dire à quel point vous pouviez me manquer, les soirs où je ne cesse de me rappeler les danses verbales que nous faisions la nuit tombée. Cela fait des années que je ne vous ai pas écrit pour vous narrer les regrets que j’ai. Je souhaiterais si cela vous convient que nous entretenions une correspondance vous et moi.

J’ai toujours apprécié composer des lignes pour vous, j’ai toujours aimé produire avec délectation et amour des bouts de papier que je ne savais et ne saurai si vous les liriez. Mon ami, j’ai peur, une lâcheté de solitude me hante jour après nuit. La pusillanimité de l’isolement se fait de plus en plus présente, et une angoisse profonde et emplie de déréliction me hante. Vous me manquez profondément mon ami. Il se fait longtemps que je ne vous ai pas parlé, pour vous dire à quel point vous pouviez me manquer, mais vous et moi savons que le manque n’est qu’un échouement du jugement que nous n’avons jamais su faire avec dévouement.

Vous savez j’ai vieilli, je me vois parfois dans le reflet de ma vie, et je vous le jure, ce n’est pas joli. Mon cœur a échoué sur les idées que je me faisais et mes points de vue sont devenus des défaillances insensées qui ne cessent de me perturber.

Parfois, je me rappelle notre jeunesse, nous étions si vigoureux d’oubli, si frais de déshonneur et si verdis de déconsidération des ruines que l’on nous avait détruites, pour reconstruire, pour mieux les re-détruire. Nous étions des jouvenceaux, des jeunes, des adolescents, je vous jure que je regrette cet âge, cette beauté. Oui, je regrette de tous mes regrets que nous ne soyons plus ces jeunes emplis de promptitude et de vivacité. Aujourd’hui, malgré les envies, rien ne vient, je regarde la vie morose et repense au grandiose, mon cœur se détache de plus en plus de ce corps qui n’a plus d’attache. Mon ami, comment avions-nous fait pour croire que tout irait, dans cet avenir dont nous savions qu’il nous serait désespéré. Je suis égaré dans une société paumée, je suis fuyant dans un monde déconsidéré par des perdants, je suis détérioré sur une planète ruinée par les altérations du temps.

J’ai toujours apprécié composer des lignes pour vous, mais vous savez, j’ai vieilli, je me vois parfois dans le reflet de ma vie et je me dis avec tristesse que vous et moi n’aurions jamais dû nous quitter, quand nous étions emplis d’envies d’insoumis. Il se fait longtemps que je ne vous ai pas parlé, pour vous dire à quel point vous pouviez me manquer, les soirs où je ne cesse de me rappeler les danses verbales que nous faisions la nuit tombée. Cela fait des années que je ne vous ai pas écrit pour vous narrer les regrets que j’ai. Je souhaiterais si cela vous convient que nous entretenions une correspondance vous et moi.

Croyez-vous que nous pourrions commencer une nouvelle relation, faite de mots et de paroles qui pourraient nous rassurer, vous et moi, mon ami que je n’ai cessé d’aimer ?

Dans l’attente de votre réponse, croyez bien que je n’ai jamais cessé de penser à vous mon ami regretté.

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