Une main qui tremble et tremble, un corps qui frémit d’une vie, un poignet menotté au frisson de la réalité… Une chair qui grelotte et grelotte avant de tressaillir face à l’asservi. Papa, maman, tenez-moi la main pendant la chute, elle est longue, elle est dure, elle est froide. Papa, maman, aimez-moi autant que je le souhaite, aimez-moi comme vous le devriez, aimez-moi avant que je ne sois mon propre meurtrier. Papa, maman, il se fait frais en moi, les larmes qui coulent me sont glacées de sang, je vibre d’oubli, et oscille d’égarement docile d’un amour absent. Papa, maman, tenez-moi la main pendant la chute, car elle est longue, elle est dure, elle est froide, tellement froide…

Mes sanglots sont une neige de Sibérie et mes gémissements une arrière-saison d’hibernation sentimentale qui m’asphyxie.

Papa, maman, vous savez, je n’ai jamais cessé de vous aimer, jamais, au grand jamais. Mais aujourd’hui j’insiste, il se fait frisquet pour un enfant qui n’a que des contrariétés. Oui, au regret de paraître glacial, terne ou aigre, il se fait frais en moi, il se fait froid de vous, il se fait froid de moi. Papa, maman, vous savez, je n’ai jamais cessé de vous aimer, jamais, absolument jamais, éternellement jamais, non, je ne vous ai d’aventure jamais oubliés et je vous ai complètement idolâtrés, vénérés et désirés. Papa, maman, votre fonction me manque, vos bras me sont une pénurie de vie, vos mains une absence de survie, mais surtout vos paroles une insuffisance infinie.

Une main qui tremble et tremble, un corps qui frémit d’une vie, un poignet menotté au frisson de la réalité… Papa, maman, il se fait frais en moi, les larmes qui coulent me sont glacées de sang, mes mots qui tombent sont les versants d’un monde que vous m’avez choisi en gémissant. Je vous aime, ô grand dieu, je vous aime alors que je ne le devrais, pour ne jamais vous offrir ces pensées amoureuses qui vous sont destinées. Je vous aime, ô grand dieu, je vous aime, mais je me suis perdu dans une solitude que vous n’avez cessé de rallumer et d’attiser. Je vous aime, ô grand dieu, je vous aime, mais pourquoi je vous aime, ô grand dieu, je vous aime ? Vous ne le méritez pas, tout comme je ne vous méritais pas. Je vous aime, ô grand dieu, je vous aime, c’est une mésintelligence, mais je vous aime, ô grand dieu, je vous aime… À la fin de la chute où jamais vous n’avez eu le courage ni la force de me tenir la main, je vous regretterai quand mon corps se mélangera à la neige et à la bise des sentiments que vous m’avez gâchés.

Une main qui tremble et tremble, un corps qui frémit d’une vie, un poignet menotté au frisson de la réalité… Une chair qui grelotte et grelotte avant de tressaillir face à l’asservi. Un dernier souffle pour une vie boursouflée et bouffie d’un amour qui m’aura été ahuri. Papa, maman, vous savez, je n’ai jamais cessé de vous aimer, jamais, au grand jamais.

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