C’était un concert métastatique bruyant, qui déflagre chaque organe sans rythme, sans partition. Mais dieu sait que la musique était assourdissante de trompettes funestes, pour un cancer qui nous laisse sans restes.

Ton artère pulmonaire se bouche, la maladie tousse et repousse les paroles qui devraient sortir de nos bouches. L’aorte clique et tu décliques, le concert est fidèle à la chanson du passé, c’est épidermique, mais la technique est mnémotechnique, quel que soit le corps, quelle que soit la personne, le néoplasme est un récital pyrotechnique. Ton oreille écoute l’oreillette gauche de ton cœur, c’est sourd, sans sérénade ni aubade, et tu comprends que le silence est le bruit de l’entente entre ton corps et les sarcomes maussades.

Tu prends la main de l’homme que tu aimes, tandis que lui pause posément ses ventricules gauche et droit sur les pensées de tes émois, les regarde avec le regard que seuls toi et lui avaient le droit de vous donner maladroitement avec sang-froid. Le concert métastatique bruyant qui déflagrait chaque organe sans rythme, sans partition, fait un final avec canevas et clairon pour des larmes que tous auront, sans avoir eu le temps de passer une audition.

Audrey 22 août 1982 – 16 août 2018 17H20

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