16H23

C’était une kermesse de sentiments, les jeux n’étaient pas complexes, mais les gains pouvaient rendre perplexe. Nous nous amusions vous et moi sur la marelle des abracadabras de nos paroles écrites à l’aquarelle. Vous souvenez-vous de nos parties infinies, de nos amusements de vie, de ces idylles d’envie ? Moi, je me souviens de tout ! J’aurais aimé jouer à la marelle une dernière fois avec vous. J’aurais aimé écrire une nouvelle fois avec une craie épaisse les mots sur lesquels nous devions sauter pour ne pas tomber dans le vide que nous ne cessions de nous inventer. Vous souvenez-vous de mes baisers, de mes paroles qui vous étaient destinées ?

Aujourd’hui j’ai mis ma veste en soie bleu, celle que vous aimiez tant et qui vous rendait heureux, puis je suis allé tracer un dessin qui servira de plateau de jeu en plein air, je l’ai réalisé à la craie car cela peut s’effacer, elle est rose comme l’odeur que vous aimiez porter quand j’étais morose.

J’ai écrit tout autour les sentiments que je n’ai cessé de vous porter, et au moment où vous recevrez ce courrier, j’aurai joué une dernière fois une partie seul pour me remémorer les plaisirs que nous avons tant partagés.

Vous rappelez-vous ? La première case c’est la terre pour les terre-à-terre, puis la deux pour les bienheureux, la trois pour ceux qui n’y croient pas, la quatre pour combattre. Puis il y a la cinq pour voir l’olympe, la six pour les narcisses, la sept pour les squelettes, la huit pour la fuite. Il reste la dernière case, la meilleure, celle à atteindre, et ce soir après avoir dessiné à la craie la marelle de nos regrets, ceux qui sont et resteront à jamais, je jetterai le caillou dans la dernière case, celle du ciel pour qu’une dernière fois je puisse m’envoler dans vos pensées. Juste une dernière fois pour vous rappeler que je vous aime à jamais.

C’était une kermesse de sentiments, les jeux n’étaient pas complexes, mais les gains pouvaient rendre perplexe, la marelle, je l’ai dessinée sur le lieu de notre premier baiser, au dix rue du Faubourg Saint-Honoré, sur ce toit penché qui nous a fait illuminer nos nuits passées. La case du ciel surplombe la rue, et pour ne pas vous mentir, je n’ai pu la dessiner, car pour une fois, j’ai voulu réellement y aller. Vous rappelez-vous, le premier qui touche le ciel a gagné ? Ne m’en voulez pas, j’ai toujours aimé gagner.

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