C’est à l’intérieur de la peau, ça ronge, attaque l’organisme avec peine, il y a le physique qui se tourmente, l’anatomie qui est en déchirement complet, la souffrance est en masse dans un ensemble altéré par l’amertume. J’ai mal, ça m’arrache le cœur de manière effrayante, j’ai mal, la terreur est affreuse, elle absorbe mes pensées, mes jugements, mes critiques, elle grignote tout, mais elle me laisse la tragédie redoutable du danger, celle qui inquiète, menace et aggrave l’infernale massacrante réalité.

J’ai mal, périlleusement mal, c’est à l’intérieur de ma peau, la douleur est lacérante d’exécration, ça me répugne de discorde solitaire.

J’ai mal, monstrueusement mal, ma chair m’angoisse, le désir de décoller avec minutie chaque millimètre de l’épiderme avec un cutter rouillé par le passé m’enthousiasme avec ferveur. J’insiste, j’ai mal, extraordinairement mal, la dépouille de mon corps m’impatiente,  le chagrin m’a décomposé chaque organe utile, je suis en putréfaction sentimentale. J’ai mal, vertigineusement mal, je vous avais pourtant prévenu mon amour qu’il ne fallait pas me faire chuter de dix étages comme cela. Je vous avais dit que je devais être à empoigner gentiment, je vous avais prémuni que j’étais une fleur fanée par la réalité mais qui pouvait éclore une nouvelle fois à vos cotés.

Sainte-Mère de Dieu je vous avais informé sur la condition de bien me protéger du vent et de la triste destinée qui m’était infligée. Je vous avais alerté sur la volatile âme que j’avais. Mais à mon grand malheur et ma grande désolation, vous avez avec violence entamé le dernier quart-d’heure du quart de cœur qu’il me restait, je me consume de votre irrespect, de votre inconvenance et de votre impertinence. J’ai mal, grossièrement mal, passionnellement mal. Je suis à présent fermement éprouvé,  vous m’avez avec préjudice et perte, fracassé contre ma contemplation. À cause de vous je dois avorter notre amour, je dois assassiner notre intrigue, notre amourette, oui bien mal vous en fasse je dois assassiner notre idylle comme vous avez dépouillé en matière la tendre adoration que je vous portais.

J’ai mal, une nouvelle fois mal, une dernière fois mal, une irrécusable fois mal,  je vous aimais mon amour, je vous idolâtrais mon trésor, vous admirais sans limite, c’est certainement pour cela que l’irrévocable arrêt et si empli de chagrin et de deuil,  je vous aimais mon parangon, je vous aimais, mais j’ai mal, trop mal… finalement juste mal d’être mal d’avoir mal aimé et m’être fait mal aimé d’un mâle qui je savais me ferait du mal. 

signature-2

5 Replies to “14H50”

Ajouter votre commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.