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11H49

J’aurais dû parler, te dire ma lâcheté, t’exprimer ma poltronnerie d’amour sans regrets, te donner des paroles de pusillanimité. Mais je n’ai jamais rien fait, j’ai eu parfois des langages emplis de couardise, mais jamais avec franchise ; j’ai utilisé un dialecte de crainte, des idiomes d’angoisse. Mais l’argot était fait d’appréhension, anxieux dans l’affect.

J’aurais dû parler, mais le jargon de la frayeur ne suffisait pas pour que mon verbe ne soit dans la terreur, alors je me suis tu, juste parce que se taire était mon affection, et j’ai été discret dans l’attachement, j’ai même été silencieux dans la tendresse et l’adoration. J’ai eu parfois des langages emplis de couardise, mais je ne pouvais dire ma débrouillardise de dévotion. J’ai gardé le silence parce que j’ai préféré négliger de dire ce que je pensais, pour te garder de révéler que je n’avais rien déclaré, sans que cela n’engendre un bruit qui court, cela va sans dire.

J’aurais dû parler, te dire ma lâcheté, mais je me suis contenté d’acter mon amour plutôt que de jacter pour ne rien dire, comme ces humains qui courent dans cet espace qu’il me plaît d’appeler la basse-cour.

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