Je traverse le hall d’un célèbre palace parisien. Le genre qui en mettrait plein la vue à quelqu’un de moins blasé que moi. Je dois me débrouiller pour gagner la chambre

– ou plutôt la suite – selon ma parodie de contrat par SMS. Je ne m’attends pas à ce que mon chevalier servant m’attende à la réception, un bouquet de fleurs à  la main. Néanmoins, tout le monde a l’air parfaitement conscient de ce que je fais ici. L’intendant en habit m’adresse un sourire torve avant de s’effacer sur mon passage. Le bagagiste me fait un signe de tête complice, et me retient la porte de l’ascenseur. Il a même enfoncé pour moi le bouton 7 de mon étage. Ils ont tous dû recevoir une flopée d’instructions. Peut-être assorties d’un généreux pourboire.

« Monsieur vous attend dans la suite Elysée Prestige. Nous avons bien enregistré toutes vos demandes et vous ne serai dérangé sous aucun prétexte, je vous l’assure. Je vous souhaite un bon week-end, monsieur. » 

C’est drôle à dire, mais je comprends à cette seconde que quelque chose ne va pas ; mon cœur me fait des approximations alors qu’il n’a l’habitude de faire que des affirmations. 

La fuite peut être encore envisageable, rien ne m’empêche de créer un subterfuge digne de « Sex & the City », une échappatoire trop tôt avant qu’il ne soit trop tard. 

Mais je suis un homme de parole, et la parole vaut mieux que le ressentiment alors je monte dans la chambre dite. Vive Paris, vive les Champs Elysées.

 

signature-2

Ajouter votre commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.