Avant de partir, je me pose un moment sur le lit. Je m’assieds tout au bord, pour ne pas froisser mes vêtements. J’ai reçu un sms de l’agence, On me demande de jouer le rôle du garçon fragile et timide. Mon hôte se doute bien que je ne suis pas vierge, mais je dois en avoir toutes les apparences. Lui servir les bobards habituels, que je viens de débuter comme escort, pour me payer des études. Que je n’ai pas d’autre client pour le moment. Ah oui, j’ai oublié de préciser que je fais ça pour de l’argent. Une agence spécialisée, pas vraiment légale, m’a mis en relation avec cet homme. Tous mes frais sont payés. Une nuit d’hôtel ***** pour me préparer, tous les vêtements et accessoires que j’estime nécessaires à ma meilleure prestation. Il y a un moment que je fais ça. Je n’ai que dix-neuf ans, et pourtant, je peux déjà dire que j’ai arrêté un moment, et que j’ai fini par reprendre, parce que je ne pouvais pas renoncer à ce train de vie. Je n’avais que seize ans la première fois. Quand je repense à tout ce que j’avais déjà expérimenté à ce moment-là, je me dis que la prostitution est une étape logique et inévitable de mon parcours mouvementé. Mais je n’aime pas le mot « prostitution ». « Escort » a un je-ne-sais-quoi de plus distingué, tant qu’on ne regarde pas de trop près.

 

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