Il l’avait détendue, avec toutes ses forces, puis il l’a rendue extensible, et avec toutes ses envies cette chose s’est rendue flexible et souple, tellement étirable que le malléable devenait invraisemblable.

Il y avait des peines et tourments, mais cela durait tout de même, car l’attachement rend indulgent, les amertumes et les chagrins n’étaient que des écumes sur une plage d’assentiments libertins.

Tendre monde ou fragile mappemonde, seule la ficelle végétante de la dévotion peut en témoigner, seul le lien de l’adoration peut l’attester. Il l’aimait avec une ferveur culte, une piété passionnelle ou encore un engouement incliné d’altruisme et d’ardeur emplie de lascivité. Ce libertinage d’adoration se tenait sur une cordelette de fécondation dans un coït entre la renonciation et le mélancolique. Il avait envie parfois de bondir, de s’élancer pour une autre consommation, une autre demeure de passion, un autre logement d’expression, mais la cordelière de la déraison le laissait vaciller entre la désorientation et la muselière. Vivre et survivre, pleurer et aimer, souffrir et rire, saigner puis rester.

Gambader sur une cabriole de cordon, se jeter quoi qu’il en coûte sur les quelques voies de navigation qui lui paraissent navigables et sursauter sur des amarres qui ne sont que des câbles détachés des armatures qui pouvaient lui être indispensables dans une vie impensable. Prendre un jour la bonne décision, celle qui paraît sans démission et prendre cette ficelle, ce lien, cette cordelette, cette cordelière, ce cordon et suspendre avec tout ce qu’il ne souhaitait plus, tout ce qu’il ne voulait plus. Avoir du courage de trembloter et tituber sur cette bravoure capitulée d’un poids lourd qu’il pouvait s’alléger. Il l’avait détendue, avec toutes ses forces, puis il l’a rendue extensible, et avec toutes ses envies cette chose s’est rendue flexible et souple, tellement étirable que le malléable devenait invraisemblable. Une fois travaillée, la corde était prête à accueillir le corps… Et sans remords, ce corps-à-corps l’a recueillie dans un advenir sans avenir.

La ficelle, le lien …… Étaient une pendaison du bien pour une crevaison du rien.

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