Je me suis regardé sans baisser les yeux, je me suis profondément analysé. J’ai essayé de savourer cet instant, cette victoire qui, sur le coup, me paraissait irréelle. Hier soir je ne l’avais plus, non je ne l’avais plus cette emprise et ce pouvoir sur moi. J’ai même pu percevoir, pour la première fois et à ma plus grande surprise, une ombre de faiblesse, oh oui de la faiblesse sur mon visage criblé d’humiliation.

Pour une fois je ne paraissais plus maîtriser ma vie.

Cela ne t’était jamais arrivé évidemment. J’aurais pu me balancer ma haine, qui s’accumulait depuis tout le temps, à la gueule. J’aurais pu me renverser mes sentiments de culpabilité et de honte sur la conscience (si par le plus grand des hasards   j´en ai une en ma possession)… Seulement voilà, je n’en ai rien fait. Pour rien au monde je ne reprendrais ma place, ni même cet argent. Je ne pourrai plus cacher ma médiocrité, je n’y arriverai plus. Cette fois-là, c’est moi qui avais le contrôle, la balle était désormais dans mon camp. Ce soir-là, tout me semblait tellement petit. Je ne souhaitais rien de moi, seulement la paix. Maintenant je l’ai. Je serai heureux. J’espère oublier. À mon bonheur, au mien.

Avec mon plus grand dégoût, j’espère ne jamais plus avoir affaire à moi, ni à ce que j’étais autrefois.

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