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02H26

J’y ai vu la vie pendant la mort, l’âme était épuisée, le souffle essoufflé, la survie devenue indolore.

Le regard avait l’absence d’humanité des années 1940, la vue m’était massacrante tout en étant encourageante. Il allait enfin mourir alors que je n’avais su le secourir, il allait s’évanouir pour me laisser m’entrouvrir d’un dernier soupir. J’y ai vu un sourire mortel, mais mortellement vital pour une vie qui continuerait dans l’informel. Il allait mourir, mais mourir d’une vie destinée à rire. Et dans une dernière expiration vous avez dit : « Même là, je vous ai devancé, même là j’ai gagné, même aujourd’hui je suis en avance sur ma destinée et cela vaut tout l’or de vos regrets ».

Les regrets furent effectivement visibles, mais ils n’étaient que des remords d’une repentance que je n’avais su faire avec clémence, ils étaient un contrition sans attrition, une déception sans lamentation. Mon chagrin était une résipiscence d’une maussade existence que je savais sans sens. J’y ai vu la vie pendant la mort, l’âme était épuisée, le souffle essoufflé, la survie devenue indolore, mais votre dernier soupir mon amour m’était un plaisir léthargique tant je connaissais vos envies folles de mourir avec mon sourire sous les yeux, pour que ce moment vous soit une image cinématographique. Vous alliez mourir, mais mourir d’une vie destinée à rire. J’allais vivre, mais vivre d’une vie destinée à survivre pour ne pas vous oublier mon aimé. 


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