Je souhaitais que tu m’aimes sans regrets, sans haine et sans retenue mon envoyé. Mais emporté par la foule tu t’es défoulé sur mon corps tout juste sorti de la puberté. Je revois le cortège de mâles dominants me dominer de cette violence élevée, au rythme des coups de pied. 

Si chaque coup devait être une mesure de tambour, alors la symphonie était belle de vérité,

belle de transfiguration destinée à me rendre plus insensible aux sensibilités. Chaque poing posé sur mes os à peine dessinés était une note de violon, faite de violence qui construisait une mélodie assourdissante d’authenticité violée. Les crachats au goût de cor de basset, rendaient magique cette folie de masse incomparablement généreuse d’impétuosité. 

L’enivrante véhémence de vos gestes m’a fendu la vie en deux, je criais de douleur comme un malheureux. Fendu le corps en quatre, je hurlais de souffrance faute de me débattre. Fendu l’âme en huit, je beuglais avec force et faillite. 

Je souhaitais que tu m’aimes, que tu le fasses avec force et dilemme, mais de dilemme il n’y aura eu que ma vie. Je n’avais que l’amour sans détour comme survie, Je n’avais que cela pour te faire chavirer, mais tu as chaviré du mauvais côté, celui du contre-jour. Tu l’as fait avec une haine galvanisé, tu l’as fait avec rage et beaucoup de bravoure. 

Mais quand on n’a que l’amour, l’amour d’être soi, l’amour d’être né comme ça, on joue dans la basse-cour. Quand on n’a que l’amour, l’amour d’y croire encore une fois, croire une fois en soi, une fois en toi, on le fait sans demi-tour. Quand on n’a que l’amour, l’amour d’aimer l’amour, on y va sans regret en étant maladroit, on y va, car on y croit. Quand on n’a que l’amour on désigne un roi, une divinité qui régnera sur soi, malgré la prudence et le désamour, car finalement quand on n’a que l’amour on pardonne toujours. 

 

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17 Replies to “01H07”

      1. Je vous remercie infiniment, vous ne pouvez imaginer à quel point vos mots me touche et m’encourage. Mille mercis.

      2. Pour en connaître un peut plus sur moi, je vous conseille de lire mon « à-propos », c’est un condensé de ce que je suis ^^.

  1. Oui, quand on n’a que l’amour et rien qu’une chanson pour convaincre un tambour, alors sans avoir rien que la force d’aimer…. Je relis avec grand plaisir votre belle poésie qui, malgré les écorchures et les bleus à l’âme reste magnifique de son humanité, et c’est toute l’alchimie, tout le mystère de l’amour, cette grande chose. Merci!

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