Tu n’as regardé que la cambrure, qui s’offrait à tes yeux par mésaventure, tu as observé le cintrage de ce corps sans demi-mesure, imaginé que tu y plongerais les yeux baissés, sans censure. Tu as examiné ces deux pommes que formaient mes fesses en face de toi, les as dégustées avec allégresse et sans rassasiement courtois. Tu as plongé ton corps entier dans un vaste projet, qui est de conquérir la sensualité. Tout ceci en oubliant la sagesse de ta joie, qui était si dure et palpable à ce moment-là. 

La gaieté de tes muscles laissait une odeur de lubricité exotique à mes côtés, tes mains si rudes, si fermes, si abruptes ont assujetti mes hanches concaves et ma croupe galbée pour un acte endurci et résistant à toute insatisfaction de sybaritisme lascive. Tu as examiné la douceur de ma peau, tout en contemplant la suavité de mes os si présents et puissants. Ma personne t’était un cadeau, une offrande, et dans des situations comme celles-ci, on ne remarque rien d’autre que ce constat de satisfaction voluptueuse et jouissive. Tu n’as regardé que la cambrure qui s’offrait à tes yeux, c’était comme une peinture, tu as scruté chaque centimètre carré de cette caricature qu’était le corps qui t’était mis en investiture. Tu as imaginé que tu y plongerais les yeux baissés, mais pas noté que mes yeux ne regardaient que la tapisserie qui nous entourait. Ta vue s’éblouissait seule sur la matière qui se tenait en face de toi, car d’humain, je n’avais que le son de ma respiration pour te le prouver. Tu as contemplé pendant que je dévisageais, tu as considéré alors que moi, je me contentais d’envisager et tu as touché alors qu’il fallait seulement s’y intéresser. Tu n’as que pollué en souillant comme les autres ma cambrure, tu as porté atteinte à mon échancrure, outragé abusivement avec violence cette monture que j’étais, et tu as galopé sans intérêt et sans t’arrêter avec profanation et dictature. Tu n’as regardé que la cambrure qui s’offrait à tes yeux, mais n’as pas remarqué que mon regard quémandait une aventure sans idées déplacées. La gaieté de tes muscles a craquelé ce bas de dos cambré sans que cela t’offusque, car tu voyais et entendais mais surtout ne voulais pas écouter, au risque de frustrer ton envie robuste. 

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4 Replies to “00H59”

    1. Votre commentaire me touche également en plein coeur. Merci pour votre visite. Amicalement. Monsieur Wolgan

  1. Bon jour,
    Cette capacité scénique à emporter le lecteur dans les contrés les plus reculés de la sensualité et en même temps cette consistance du texte à procurer de l’ébranlement, du bouleversement, … est suprêmement bon …
    Max-Louis

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